la Belgique

À l’approche des élections, les travaux publics sont plus nombreux… et plus chers

Ça ne vous aura pas échappé, il y a des travaux partout. Et pas seulement sur les autoroutes ou les routes gérées par la Région wallonne. À un an des élections, il est temps de rendre la mariée plus belle et de nombreuses communes refont des rues et des trottoirs. Un phénomène cyclique, comme l’explique Claude Boigelot, directeur de Hainaut Ingénierie Technique, un service provincial qui accompagne les communes dans leurs projets de travaux de voiries : « Nous avons effectivement un surcroît de demandes d’études, et donc un plus grand nombre de marchés de travaux qui sont réalisés dans les deux années qui précèdent les élections communales ».

À ce phénomène préélectoral s’ajoute la mise en route du « Plan infrastructures » 2016-2018 de la Région wallonne qui a démarré cette année et qui est financé pour moitié par la taxe kilométrique. Réfection des ponts, réhabilitation des routes et du réseau secondaire… de quoi remplir les carnets de commandes des entreprises de travaux publics. Et elles ne s’en plaignent pas. Le secteur a connu une période de vaches maigres entre 2013 et 2016. Il était temps de rattraper le retard. Nicolas Bughin, porte-parole de la société Wanty (basée à Péronnes-lez-Binche) le confirme : « Nos gouvernements ont pris conscience de la situation et de l’état de nos routes et 2017 est vraiment l’année du renouveau ».

Mais cette belle reprise a une conséquence directe sur les prix. « C’est la loi de l’offre et de la demande », justifie Nicolas Bughin. Un effet de rattrapage aussi : « Ces trois dernières années, comme il n’y avait pas beaucoup de marchés publics qui étaient mis en adjudication, les entreprises ont tiré les prix vers le bas, quitte à ne prendre parfois aucune marge bénéficiaire sur les travaux réalisés. Avec le retour des commandes, on revient à un prix réel des travaux ». Une augmentation difficile à chiffrer. Par rapport au début de la mandature communale, certains évoquent une augmentation de prix de l’ordre de 30%. Didier Block, de la Confédération de la construction explique que pendant les trois années difficiles, les prix avaient chuté de 20-30%, ce qui est perçu comme une augmentation ne serait dès lors, pour lui aussi, qu’un retour à la normale…