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Accessibilité des communes et CPAS de Wallonie-Picarde et Mons-Borinage: peut mieux faire

Nos administrations communales et nos CPAS sont-ils bien accessibles à tous les citoyens ? Répondent-ils bien aux besoins spécifiques de tous ? À un an des élections Communales, l’Association Passe-Muraille (*) a voulu répondre à cette question. Comment ? En commandant une analyse sur le terrain à son département Bureau de consultance & d’études.

Ciblant les administrations communales de Mons-Borinage et de Wallonie Picarde, le Bureau d’études s’est penché sur la façon dont les différentes communes accueillaient les personnes en situation de handicap en utilisant comme grille d’analyse le concept du Global Access.

Qu’est-ce que le Global Access ?

Celui-ci comprend trois phases : 1) l’accessibilité comportementale ou la manière dont la personne handicapée est accueillie et aiguillée 2) l’accessibilité technique ou la facilité avec laquelle les personnes en situation de handicap ont la possibilité (ou pas) de se rendre physiquement dans un service ou de recevoir les informations délivrées par celui-ci 3) l’accessibilité communicationnelle à savoir la signalétique et l’accès au web.

Pour le reste, les tableaux de l’association sont assez parlants pour visualiser dans quelle catégorie, bon ou mauvais élève, se situe votre commune ou le CPAS de celle-ci.



L’accessibilité des Communes de Wallonie Picarde – © Passe-Muraille



Classement de l’accessibilité des CPAS de Wallonie-Picarde – © Passe-Muraille



Classement des communes de Mons-Borinage au niveau de leur accessibilité – © Passe-Muraille



Classement de l’accessibilité des CPAS de Mons-Borinage – © PassE-Muraille

La palme de l’accessibilité revient à la Commune de Mouscron qui, dans son tout nouveau centre administratif, a intégré les besoins des personnes à mobilité réduite et personnes à besoins spécifiques. Les CPAS d’Ath, d’Enghien et de Chièvres figurent également en tête de classement.

Les mauvais élèves

Parmi les mauvais élèves, on trouve les CPAS de Jurbise et de Quiévrain en raison d’un manque de signalétique ou d’une absence de rampe à l’entrée.

L’analyse a également permis certains constats particuliers. Si les administrations possèdent des toilettes pour personnes à mobilité réduite, celles-ci deviennent parfois des débarras ou carrément des placards. Ainsi, dans une des communes visitées, cette toilette PMR rendue complètement inaccessible en raison des casiers de bière empilés devant la porte. L’asbl Passe-Muraille possède les photos !

Autre cas, celui de l’existence d’une belle rampe d’accès mais… juste précédée d’une bordure de 5 centimètres !

Pour bien comprendre, il faut savoir que certaines communes et/ou CPAS n’ont pas autorisé l’accès aux consultants de l’association Passe-Muraille. Ce sont les communes qui sont reprises dans « Non communiqué ».

Laurent Duquesne, architecte et conseiller en mobilité auprès de l’ASBL Passe Muraille, en a vu des choses lors de ces visites sur le terrain. Une bordure de 5cm précédant une rampe d’accès pour les PMR, cela peut sembler absurde. Des toilettes pour PMR transformées en placards, en débarras, ça, c’est autre chose. « Ça, c’est tout simplement inadmissible, c’est inacceptable, je ne comprends pas « , lâche Laurent Duquesne.  » Mais le pire finalement, ce sont ces communes et ces CPAS qui nous ont interdit l’accès. « 

Autre fait interpellant. Le service Handicity de seulement quatre communes, sur les 36 que comptent les régions Mons-Borinage et Wallonie picarde, a répondu à la demande de visite et de rencontre de l’ASBL Passe Muraille.

 

(*) Passe-Muraille: Association reconnue comme organisme d’éducation permanente par le Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Passe-Muraille est agréé et subventionné par l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE). Engagé depuis 17ans dans la mise en application des droits fondamentaux des personnes handicapées. Notre association a pour vocation de favoriser une citoyenneté participative et inclusive de tout citoyen en situation de handicap. Notre action s’inscrit dans le respect des règles édictées par la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par la Belgique et ses entités fédérées en 2009.