Politique

Airbus auditionné dans le cadre de l’enquête sur le Kazakhgate

En France, le patron d’Airbus et plusieurs hauts responsables de l’avionneur ont de nouveau été entendus par la police anti-corruption. Des auditions dans le cadre de l’enquête du « Kazakhgate » : des soupçons de pot-de-vin lié à plusieurs contrats entre la France et le Kazakhstan, entre 2009 et 2011. 

Il a été dévoilé ce jeudi matin que ces auditions par la police anti-corruption ont eut lieu au mois d’octobre alors qu’Airbus est déjà sous le coup d’autres enquêtes en France et au Royaume-Uni.

Tom Enders (patron d’Airbus), deux hauts responsables de l’avionneur – Denis Ranque (président du Conseil d’administration), John Harrison (secrétaire général) ainsi que l’avocate Noëlle Lenoir (recrutée comme experte indépendante), ont été entendus comme témoins à la demande des juges d’instruction du pôle financier de Paris, selon Médiapart et France Inter.

Commissions illégales ?

Les soupçons portent sur plusieurs contrats conclus avec le Kazakhstan :45 hélicoptères fabriqués par Eurocopter (filiale d’EADS devenue Airbus Helicopters), un centre de satellites d’Astrium (ex-EADS, devenu Airbus group) et 295 locomotives Alstom, pour un montant total de deux milliards d’euros.

Les juges cherchent à savoir si des versements de commissions illégales ont eu lieu. En février 2016, une perquisition menée au siège d’Airbus a permis de découvrir que en 2009, dans le cadre de la vente de deux satellites au Kazakhstan, un virement de près de neuf millions d’euros a été versé sur un compte détenu à Singapour par une société offshore immatriculée à Honk Kong.

La justice soupçonne aussi une équipe proche de l’Élysée de s’être activée pour influencer des politiques en Belgique, dont Armand De Decker, l’ancien président du Sénat belge. Objectif: faire passer une loi en faveur de l’oligarque belgo-kazakh Patokh Chodiev et de deux de ses associés pour qu’ils échappent à une condamnation en Belgique. En échange, Patokh Chodiev devait jouer de son influence à Astana pour aider la France à décrocher des contrats commerciaux.

Ce jeudi matin, le groupe Airbus s’est refusé à tout commentaire.