la Belgique

André Antoine (président du parlement wallon): « On a opéré un virage quand le PS a senti le souffle du PTB »

Président du parlement de Wallonie, André Antoine (cdH) est ce samedi 16 septembre l’invité du Grand Oral RTBF-Le Soir sur La Première. Il justifie la décision de son parti de se séparer du PS : « Nous n’étions plus en mesure de mener à bien l’accord politique scellé avec le parti socialiste en 2014 ».

À l’occasion des fêtes de Wallonie, André Antoine se félicite de l’ouverture de son parlement à la participation et aux initiatives citoyennes. « On ne peut pas vivre avec la seule expression des citoyens tous les cinq ans » dit-il et souligne d’ailleurs le travail du parlement dans le dossier du CETA: « On a instruit le dossier, il y a eu un dialogue avec la société civile » rappelle-t-il.

André Antoine est revenu sur l’annonce de Laurette Onkelinx d’abandonner la vie politique au plus tard en 2019. Il explique cette décision par l’absence d’ancrage local de la socialiste. « Quand on a des racines sur le plan local, on résiste mieux à certaines tempêtes ». Il avance aussi plusieurs raisons qui ont pu guider son choix: « peut-être veut-elle travailler à l’international ou donner un signal fort à son parti ou encore donner une nouvelle inflexion à Bruxelles ».

 » Le cumul financier me dérange « 

Le président du parlement de Wallonie donne également sa position sur la question du cumul de mandats. « Ce qui me dérange, c’est le cumul financier ». Par contre, il légitime le travail d’un parlementaire qui met les mains dans le cambouis pour gérer une entreprise. « Ce n’est pas un moins bon parlementaire ». André Antoine plaide pour une combinaison entre la défense de convictions et la réalisation d’actions concrètes sur le terrain.

André Antoine a également commenté l’assassinat du bourgmestre de Mouscron, Alfred Gadenne. Il se souvient d’un homme honnête qui travaillait nuit et jour, un humaniste exemplaire. « J’ai perdu un ami » dit-il. Il en profite pour rappeler que les mandataires soulèvent parfois de réelles passions. « Des insultes, de la violence, des menaces. Ça n’est pas acceptable ».

Gouvernement MR/CDH

André Antoine revient sur l’éviction du parti socialiste. Il parle d’un choix collectif, de la nécessité d’une rupture. Il reproche à ses collègues socialistes un manque de fermeté dans leurs réactions. « Nous n’étions plus en mesure de mener à bien l’accord politique scellé en 2014 ». Il prend pour exemple le blocage sur la réforme fiscale. « Nous voulions une réforme avec une dimension familiale qui permettait, par exemple, de lisser les droits d’enregistrement pour le premier logement. Et donc diminuer la charge qui pèse sur les jeunes propriétaires » explique-t-il.

André Antoine épingle également le président de Défi, Olivier Maingain. « Il n’a rien fait, il s’est contenté d’être commentateur de la situation politique et, aujourd’hui, il engrange. Je ne comprends pas qu’il ne vienne pas s’asseoir à la table, je n’aime pas la politique de la chaise vide » déplore-t-il.

Et demain ?

La priorité aujourd’hui pour André Antoine, c’est d’accélérer la reprise en Wallonie tout en sachant que le facteur temps ne sera pas négligeable. Il cite quelques priorités. D’abord sur la gouvernance en réduisant les structures. Ensuite, en agissant sur l’emploi. Il annonce la reprise de l’accompagnement personnalisé.

Il rappelle que son parti sera intraitable tant avec le gouvernement fédéral qu’au niveau régional. « En Wallonie, nous allons continuer à porter notre plus beau dossier, celui de Marie-Martine Schyns et du pacte d’excellence » promet-il.

 

L’interview d’André Antoine a été réalisée par Eric Deffet, journaliste responsable de l’information wallonne au Soir, Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’information à la RTBF, et Jacques Crémers, chef de la rédaction de La Première/RTBF.

 

 

 

Jacques Crémers