la Belgique

Appel Hainaut: le ministère public requiert 30 ans contre Gianni Canaris

Condamné d’une peine de 20 ans de prison et d’une mise à disposition du tribunal d’application des peines pour une durée de dix ans, le 8 mars dernier par le tribunal correctionnel de Tournai, Gianni Canaris risque une peine de trente ans de prison après appel du ministère public.

Ce dernier considère que le juge a eu un raisonnement juridique erroné en infligeant 20 ans de prison au meurtrier de Daniel Thiébaut. Le juge avait estimé que l’ancien article 25 du code pénal s’appliquait car les faits ont eu lieu avant la loi de 2016, qui correctionnalise les crimes les plus graves, jugés jadis uniquement devant la cour d’assises. Il ne pouvait, dès lors, pas prononcer une peine supérieure à 20 ans de prison.

Sauf que depuis, la cour d’appel du Hainaut a rendu un arrêt qui affirme que le premier juge s’est trompé et cet arrêt vient d’être confirmé par la cour de cassation. Un homme, poursuivi pour un double assassinat, avait écopé de 28 ans en appel après avoir été condamné à 20 ans devant le tribunal correctionnel de Charleroi, présidé par le magistrat … qui a jugé Canaris à Tournai.

La défense a contesté la thèse défendue par le ministère public, arguant que le nouvel article 25 du code pénal ne permettait pas d’augmenter le peine et que, si la cour écartait l’ancien et le nouvel article, il n’existait aucun texte juridique permettant de condamner Gianni Canaris à trente ans de prison.

Le 5 juin 2015 vers 19h, à Tournai, Gianni Canaris avait battu à mort son propriétaire Daniel Thiébaut dans une impasse. Après avoir fait monter la victime dans le coffre de sa voiture, il s’est rendu chez sa soeur où il a déclaré avoir fait une bêtise et tué son propriétaire. Peu avant 22h, Gianni a forcé un barrage de police sur le pont Morel et il a été arrêté sur la rue Sainte-Catherine, après des coups de feu de la police vers les pneus de l’auto signalée à rechercher. Le corps sans vie de Daniel Thiébaut gisait dans le coffre de l’auto.

La chambre des mises en accusation avait retenu une circonstance atténuante pour renvoyer Gianni Canaris devant le tribunal correctionnel. En échappant à la cour d’assises, il évitait une peine de réclusion criminelle à perpétuité car il était jugé pour un vol avec violence avec circonstance aggravante de meurtre.

Au lieu de durer plusieurs jours, ses deux procès n’ont duré que quelques heures.

Un arrêt est attendu le 3 janvier.