la Belgique

Belgian Pride: « il faut former le personnel communal pour qu’on ne se fasse pas insulter quand on se marie »

Un cortège coloré défilera ce samedi dans les rues de Bruxelles. C’est la traditionnelle Belgian Pride.  Le thème de cette année : “Your Local Power”. L’occasion d’interpeler les candidats aux élections sur les questions de respect des LGBTQI au quotidien, à 5 mois du scrutin communal. A ce propos nous avons posé trois questions à Oliveiro Aseglio, porte-parole de la Rainbouw House, la coupole des associations LGBTQI à Bruxelles.

Les cas d’homophobie notamment sont fréquents à Bruxelles. On l’a encore vu ces dernières semaines. Aujourd’hui, on en est déjà à la 23ème Pride. Les mentalités n’évoluent pas ?

On est toujours victime de violence dans l’espace public, tous, que ce soit les homos, les bis, transgenres, queers, intersexués. C’est encore hyper compliqué de se balader avec son compagnon, sa compagne quand la personne est du même genre. C’est hyper compliqué de s’affirmer en tant que personne transgenre publiquement. Je rappelle les chiffres, environ une personne sur quatre dans la communauté LGBTQI a déjà été victime d’agression violente. Les insultes, en revanche, ça concerne pratiquement tout le monde. A l’école, cela reste compliqué, face à l’emploi, face à la justice…

Le thème de cette année, c’est la discrimination au quotidien. Vous demandez notamment qu’un échevin ait la tâche justement de prévenir ces discriminations ?  

Aujourd’hui, il n’y a clairement pas assez de courage politique en la matière. C’est toujours très vendeur de de défendre les LGBTQI, mais dans les faits, il n’y a pas grand-chose de concret pour vraiment prendre en main la situation. C’est comme pour le sexisme à l’égard des femmes en fait. Donc oui, un échevin de l’égalité des chances nous semble nécessaire. On souhaite aussi que l’on puisse porter directement plainte auprès de la commune. Que l’on forme le personnel communal. Pour, par exemple, ne pas se faire insulter quand on va se marier. Moi ça m’est arrivé donc je peux en parler. Ou quand une personne transgenre va changer son genre sur sa carte d’identité. Qu’elle puisse être reçue de manière bienveillante et efficace par un employé communal.

Au-delà des revendications, ce samedi, c’est aussi la fête!

Oui c’est une grande fête. C’est l’occasion de se montrer. Et ce n’est pas si évident. Il y a encore et toujours des gens sur les réseaux sociaux qui se disent contre le fait de voir ces LGBTQI s’afficher publiquement. Donc on peut exister si on est caché dans une cave. Mais ce n’est pas vraiment la vie qu’on souhaite. Voilà pourquoi on se montre. Et on le fera tant que ce sera nécessaire.