Economie

Bruxelles: ses atouts et ses faiblesses pour attirer les entreprises après le Brexit

Bruxelles est candidate à l’accueil de deux agences européennes installées pour le moment à Londres: l’Agence du médicament et l’Agence bancaire qui, toutes deux, vont déménager. Conséquence du Brexit, elles doivent se trouver un nouveau siège dans l’Union européenne que le Royaume-Uni va bientôt quitter. Et ce ne sont pas les seuls. Des dizaines d’entreprises vont délocaliser une partie de leur activité vers le continent. Mais pour aller où? Toutes les grandes villes européennes veulent se tailler la part du lion, c’est un véritable enjeu économique, d’emplois et de prestige. Dans cette course à qui attirera les plus grosses entreprises, la Belgique n’est pas favorite.

Tout simplement parce que les entreprises qui vont déménager certaines de leurs activités, sont surtout des banques et des assurances. Aujourd’hui, elles sont installées dans la City, le quartier des affaires de Londres. Elles vont devoir déménager sur le continent pour continuer d’avoir accès au marché européen, c’est obligatoire. Mais spontanément, elles vont plutôt aller vers les gros centres financiers qui existent déjà. Il s’agit plutôt de Paris, Francfort et , dans une moindre mesure, de Dublin. Bruxelles a pourtant sa chance. Une grosse compagnie d’assurance, la Lloyd’s, a déjà décidé il y a quelques semaines d’installer sa filiale européenne chez nous. Avec à la clé, une centaine d’emplois. Mais il est clair que les grosses banques ne viendront pas chez nous.

La BCE agit comme un aimant à entreprises

Le frein est géographique. L’institution européenne qui intéresse le plus le secteur financier est la Banque centrale européenne (BCE). Et elle est située à Francfort et non à Bruxelles. Ce qui intéresse les banques, c’est d’être proche des marchés. Se pose ensuite la question du personnel. Il faut trouver des analystes financiers et des juristes spécialisés. André Sapir professeur d’économie à l’ULB a le sentiment que les exilés du Brexit iront là où il est le plus facile de recruter. « Un grand centre financier fait que le recrutement du personnel est plus aisé. Et ces entreprises voient aussi l’importance d’avoir d’autres entreprises avec lesquelles dialoguer. Donc c’est toujours important, pour une entreprise, d’aller dans des lieux où il y a déjà des entreprises du même secteur ».

Le cadre fiscal s’adapte au Brexit

Un autre frein à l’installation des entreprises financières à Bruxelles concerne les règles qui entourent l’activité bancaire, le fameux cadre régulatoire. Sur notre territoire, ce cadre serait plutôt flou et pas très stable. Et il en va de même pour le cadre fiscal. Heureusement, selon un analyste de Deloitte qui connaît bien le dossier, cette situation serait en train de changer depuis l’annonce du Brexit. Les régions du pays et celle de Bruxelles en particulier, le fédéral, la Banque Nationale ont pris pas mal d’initiatives pour simplifier les choses chez nous, histoire d’attirer les candidats au déménagement.

Mais le premier atout, c’est bien sûr la présence de la Commission en nos murs. Face à la BCE, la Commission est l’autre grosse institution européenne explique André Sapir: « Un atout, c’est principalement les institutions européennes. Le secteur financier est un secteur qui doit dialoguer sans cesse avec les autorités européennes, donc Bruxelles est un lieu important. Et Bruxelles est aussi un lieu agréable à vivre et qui n’est pas loin de Londres ».

Deux heures de train, cela n’a rien de négligeable. Les banques délocalisent une partie seulement de leurs activités et pas la totalité d’entre elles. Il restera donc des liens très forts avec le siège et les collègues qui resteront à Londres. C’est dans ce contexte que la proximité avec Londres est un atout important.