la Belgique

Bruxelles: un problème flamand… et bruxellois

Comme après chaque manifestation qui tourne mal à Bruxelles, la presse et la classe politique flamande pointent Bruxelles, son inertie, son inefficacité, son laxisme, sa gabegie, sa désorganisation et il ne faut pas deux heures pour que l’on reparle fusions (des communes ou des zones de police) et d’ici peu de mise sous tutelle par les deux principales communautés.

Et ce discours, quelle que soit l’origine des fauteurs de trouble : syndicalistes, militants d’extrême-droite saccageant la place de la Bourse, truands, supporters-émeutiers ou même terroristes molenbeekois. A chaque fois, le petit monde politique bruxellois (et de préférence socialiste) sert de bouc émissaire. Classique et convenu.

Repli bruxellois

Tout cela provoque chez les principaux concernés un sentiment d’auto-défense. Du MR au PS, en passant par DéFI, ECOLO ou cdH, on n’ est pas prêt à discuter du bien-fondé de garder indéfiniment  19 communes, 19 CPAS ou 6 zones de police voire ses 194 bourgmestres/échevins/présidents de CPAS et 89 députés.

Les partis francophones préfèrent ignorer les problèmes plutôt que de prendre le risque d’en discuter ouvertement. La confiance n’y est pas. La Flandre ne reconnaît pas le statut de Bruxelles ; la vision flamande reste celle d’une Belgique à deux communautés, celles-ci codirigeant Bruxelles, un condominium géré par les deux Communautés, ( © Bart De Wever, 2010).

Cette méfiance réciproque sclérose toute velléité d’ambition ou de réforme pour la Région-Capitale.

La capitale de la Flandre sans Flamands (ou presque)

Cela revient périodiquement. Après un braquage tragique en 2010, on avait déjà connu un même déferlement sur la non-gestion bruxellois : Bruxelles, zone de non-droit, victime de la délinquance immigrée, ville mal gérée, sous la coupe de baronnies locales impuissantes… La Flandre politique renoue avec un de ses vieux fantasmes : sa capitale, francophonisée contre son gré, n’a pas droit au « goed bestuur » qui prévaut (?) partout en Flandre, écrivions-nous.

Le même constat demeure : La Flandre a un problème avec Bruxelles. Pour beaucoup, elle reste la grande ville sale, peuplée d’immigrés et mal gérée… par les francophones. 250 000 Flamands viennent chaque jour travailler à Bruxelles et s’empressent de repartir le soir. La Flandre doit être la seule région où le nombre de ses citoyens qui quittent chaque soir leur capitale est plus élevé que ceux qui y restent (150 000) !

Tout cela finit par masquer le fond du débat tant sur l’organisation policière que sur l’intégration des populations d’origine étrangère. Des supporters marocains ont manifesté partout en Europe (et aussi à Liège), seule Bruxelles a connu de tels incidents.

Les structures institutionnelles de Bruxelles sont certainement à revoir mais ce ne sont pas elles qui ont créé des ghettos sociaux. Fusionner des zones de polices ne réduira pas la fracture sociale ni ne diminuera les chômages des jeunes.

 

@PhWalkowiak