la Belgique

Charles Michel: « Il n’y a pas de raison que le droit de grève soit supérieur à la liberté de travailler »

Le Premier Ministre Charles Michel était l’invité du premier volet « Jeudi en Prime+ ». De la taxation des comptes-titres, au service minimum dans les transports, en passant par la crise espagnole, le chef d’équipe du gouvernement fédéral avait 40 minutes pour répondre à toutes les questions posées. Charles Michel a défendu son programme et ses résultats ainsi que son « obsession qui fait parfois sourire » pour les « jobs, jobs, jobs ».

Comptes-titres : « On va tenir compte des remarques du Conseil d’Etat »

Rappelez-vous, le Conseil d’Etat a rendu un avis critique sur les dispositions relatives à la taxation des comptes-titres que le gouvernement entend intégrer au projet de loi-programme accompagnant le budget. Un avis dont le Premier Ministre assure qu’il tiendra compte. Mais en même temps: « Le Conseil d’Etat ne va pas modifier un accord politique. C’est le Parlement qui aura le dernier mot », nuance Charles Michel. Il souligne « un accord politique pour davantage d’équité fiscale ». Charles Michel ajoute vouloir « resserrer les filets » pour que le fisc réprime les fraudes éventuelles à cette taxation. Selon le Premier Ministre, il y a tout de même, en matière de fraude fiscale, une « évolution des mentalités ». A ce propos, il ne manquera pas d’adresser un mot aux juges d’instruction qui déclarent le contraire: « Quand le juges font de la politique, ils abîment le débat démocratique « . 

« Il n’y a pas de raison que le droit de grève soit supérieur à la liberté de travailler »

Concernant le service minimum souhaité à la SNCB, Charles Michel déplore que: « des étudiants et travailleurs soient piégés par les grèves ». Le Premier ministre constate que: « les piquets de grève empêchent ceux qui le veulent de travailler. Ce n’est pas acceptable. Il n’y a pas de raison que le droit de grève soit supérieur à la liberté de travailler. » La grève emmenée par la CGSP ce mardi 10 octobre « n’avait absolument rien à voir avec la défense des travailleurs », ajoute-t-il. Charles Michel regrette également que les syndicats appellent à une coalition PTB-ECOLO-PS. L’invité surprise, le secrétaire général de la FGTB Robert Vertenueil, ne manquera pas de répondre au Premier Ministre: « Vous considérez que le politique ne concerne que les élus. Vous considérez que la population n’a pas le droit au chapitre ».

Le PTB, « un parti extrémiste sans programme »

Charles Michel se dit très attentif à la montée dans les sondages de certains partis dont le PTB qu’il qualifie de « parti extrémiste sans programme » et « qui donne l’impression qu’en faisant payer les riches, tous les problèmes seront résolus. » Et d’ajouter : « Il y a une colère de la part de la population. Une colère qu’un parti comme le PTB essaie d’instrumentaliser, d’exciter sans projet, sinon destructeur ».

Mais le PTB n’est pas le seul parti épinglé lors de l’émission. Charles Michel ajoute avoir été choqué par les propos de Theo Francken. Le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration (NV-A) avait notamment utilisé le hashtag « opkuisen » soit « nettoyer » dans un tweet sur les réfugiés du parc Maximilien. « Il m’est arrivé à quelques reprises de rappeler à l’ordre des membres du gouvernement. Il y a des mots qu’on n’utilise pas », explique le Premier ministre. Le chef du gouvernement n’a pas manqué également de dénoncer la caricature de Theo Francken déguisé en uniforme nazzi imaginée par Ecolo J. Enfin, le Premier ministre juge « inacceptables  » les termes utilisés par le bourgmestre de Thuin Paul Furlan. Dans un tweet, il avait qualifié les mesures du gouvernement de « génocide social ».

Charles Michel a également exprimé quelques mots concernant la politique migratoire belge et rappelle que toute personne a « la possibilité d’introduire une demande d’asile ». Enfin, concernant la crise politique en Espagne, le Premier Ministre appelle à un « réel dialogue » entre les gouvernements espagnols et catalans. « Un dialogue de sourd peut amener à la dérive violente », met-il en garde.