la Belgique

Electricité: l’UWE plaide pour un regroupement au sein d’un seul gestionnaire de réseau

Le fait que la « majorité change d’attelage » au gouvernement wallon n’inquiète pas particulièrement l’administrateur délégué de l’Union wallonne des Entreprises (UWE) Vincent Reuter: « Les entreprises attendent une certaine continuité d’une série de politiques qui ont été mises en œuvre et qui sont bien ficelées, notamment le plan Marshall. C’est important qu’on ne détricote pas, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a rien à améliorer ni à accélérer ».

« Un des problèmes wallons, c’est l’électricité »

Pour Vincent Reuter « un des problèmes wallons, c’est l’électricité » pour les entreprises comme pour les particuliers. « Aujourd’hui le problème du prix de l’électricité ce n’est pas sa production, c’est surtout sa distribution. On peut se demander pourquoi il faut tellement d’organismes qui distribuent l’électricité en Wallonie ». L’UWE est pour un regroupement au sein d’un seul gestionnaire de réseau. « Ce ne sera pas facile parce que rien n’est facile en Wallonie lorsqu’il s’agit de toucher à des organisations publiques ».

« Des organismes créés essentiellement pour pourvoir à des mandats »

« Ce qui a manqué dès le départ dans le plan Marshall, c’est la gouvernance au sens d’organisation du secteur public et de la fonction publique » regrette le patron des patrons wallons. Dans ce domaine il salue le plan qui vise à regrouper les institutions publiques de financement (SRIW, SOGEPA, SOWALFIN,…). Selon lui, il faut « d’abord analyser le fonctionnement des organismes public. Tout le monde sait bien que des organismes ont été créés essentiellement pour pourvoir à des mandats, c’est évident. Il faut organiser le service public en Wallonie selon nos moyens et surtout selon les missions qu’on veut lui voir accomplir ».

« On n’a pas un chromosome de moins que les Flamands »

Vincent Reuter constate que « les grands indicateurs wallons (taux de chômage, taux d’emploi, évolution du PIB) n’ont guère changé en 18 ans. Le chômage reste notre problème numéro un » en Wallonie. « Le plan Marshall a solidifié un tissu économique. Les secteurs exportateurs aujourd’hui ne sont plus les mêmes qu’il y a une quinzaine d’années ».

« Nous restons toujours avec trop peu d’entreprises privées et elles restent trop petites. C’est un problème parce qu’il y a trop peu de valeur ajoutée, donc trop peu de contributions à la sécurité sociale et trop peu de recettes pour l’État » poursuit-il. En Wallonie on a peur de grandir, croit-il: « Je pense que c’est un trait culturel. On confond souvent l’ambition de faire parler de soi dans le monde avec l’ambition de grandir chez soi. Un de nos traits culturels est de rester très modeste et de ne pas se servir des atouts dont nous disposons. On n’est pas plus bête que les autres, on n’a pas un chromosome de moins que les Flamands. Nous n’exploitons pas bien notre potentiel ».

Pour conclure, Vincent Reuter se dit tout de même « plus inquiet de ce qui se passe dans les négociations politiques à la Fédération Wallonie-Bruxelles qu’à la Région. Sans un enseignement de qualité on peut danser sur nos têtes, on n’y arrivera pas ».