la Belgique

Émeutes à Bruxelles: la police a déjà récolté près de 300 témoignages des violences

Après les violences de samedi soir, la zone de police Bruxelles capitale Ixelles a lancé un appel au public. Elle demande à tous ceux qui ont filmé ou photographié les incidents de transmettre les images à la police. Visiblement ça marche. La police a reçu près de 300 témoignages sous la forme de mails, appels, messages Facebook, photos et vidéos, indique mardi Olivier Slosse, porte-parole de la zone de police de Bruxelles Capitale-Ixelles.

Toutes les images concernant les émeutes et saccages peuvent être transférées via l’adresse suivante zpz.polbru.info@police.belgium.eu à la task force judiciaire créé afin d’identifier les auteurs de hier soir. Questions via 02/279.79.09.

— PolBru (@zpz_polbru) 12 novembre 2017

C’est une première à Bruxelles de faire ainsi appel au public pour aider la police à identifier les auteurs de violence. Mais est-ce que ces images filmées dans la rue par de simples citoyens pourraient servir de preuve en cas de procès ? En théorie, elles pourraient. Mais dans la réalité, la vidéo ne va pas suffire à établir la preuve. Elle ne sera peut-être même pas présentée devant un juge.

Par contre, et c’est ce qui est nouveau, ces vidéos peuvent servir de point de départ à une enquête. Cela s’est d’ailleurs déjà produit. En 2014, un chauffard avait été filmé à son insu en train de faire des queues de poisson. La vidéo avait été postée sur internet et vue près de 500.000 fois. La police avait décidé de mener son enquête sur base de cette vidéo. Le chauffard avait ensuite été appréhendé et condamné.

Une vingtaine de blessés, seize commerces vandalisés

Les rixes qui ont éclaté samedi soir à Bruxelles après la qualification de l’équipe nationale marocaine à la prochaine Coupe du monde de football ont impliqué quelque 300 personnes et fait 23 blessés, dont 22 policiers.

Seize commerces ont été vandalisés dont cinq ont subi des dégâts très importants. Deux véhicules ont été incendiés et six autres, endommagés. Par ailleurs, un véhicule du Siamu (Service d’incendie et d’aide médicale urgente de la Région de Bruxelles-Capitale) a été endommagé, de même que plusieurs véhicules de police et du mobilier urbain. Enfin, une camionnette a été fracturée et du matériel de chantier a été volé. La police locale n’a pour l’heure pas enregistré de nouvelle plainte liée aux dégâts.

Dimanche, une personne a fait l’objet d’une arrestation judiciaire et a été mise à la disposition des autorités judiciaires avant d’être relaxée après audition. Lundi, le parquet signalait qu’aucune nouvelle interpellation n’avait été effectuée.