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En dépit des mises en garde, Trump va reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël

 

Donald Trump à Jérusalem en mai 2017. –
Menahem KAHANA / AFP

L’inquiétude monte dans la communauté internationale alors que le président doit faire cette annonce dans la journée, rompant avec des années de prudence. 

Il persiste. Malgré de nombreuses mises en garde de ses homologues à travers le monde, le président américain doit annoncer ce mercredi à la mi-journée la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Une décision qui va à l’encontre de décennies de prudence américaine sur ce dossier explosif, et qui fait craindre aux dirigeants internationaux, en particulier des pays voisins d’Israël, une flambée de violence.

Pour les dirigeants palestiniens, qui estiment que Jérusalem-Est, annexée par Israël en 1967, doit être la capitale de l’Etat auquel ils aspirent, toute reconnaissance de cette ville comme capitale est un casus belli. L’annonce, prévue à 13 heures heure américaine, pourrait faire capoter les efforts de paix de son gendre et conseiller Jared Kushner, chargé de trouver une issue au conflit israélo-palestinien.

« Le 6 décembre 2017, le président Trump reconnaitra Jérusalem comme la capitale d’Israël », a indiqué un responsable de l’administration sous couvert d’anonymat, mettant en avant la « reconnaissance d’une réalité » à la fois historique et contemporaine.

« Des années » pour déménager l’ambassade

Le locataire de la Maison Blanche ordonnera par ailleurs de préparer le transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv de Jérusalem. Il ne fixera cependant pas de calendrier pour ce déménagement qui devrait prendre « des années », avec la nécessité de trouver un site, financer et construire un nouveau lieu.

« Le président tient une promesse centrale de sa campagne, promesse qui avait été faite par nombre de candidats à la présidentielle », a indiqué ce responsable américain. A l’appui de son raisonnement, l’exécutif souligne que retarder la reconnaissance de Jérusalem comme capitale « n’a, pendant plus de deux décennies, en rien aidé pour arriver à la paix ».

Depuis plusieurs jours, les mises en garde se multiplient. Ce mercredi matin, Londres se dit « préoccupé ». 

« Nous observons avec préoccupation les informations que nous avons entendues », a réagi Boris Johnson, le chef de la diplomatie britannique, en arrivant à une réunion de l’Otan à Bruxelles.

Appels en cascade ces dernières 24 heures

L’envoyé spécial de l’ONU au Proche-Orient, Nickolay Mladenov, estime quant à lui que le statut futur de Jérusalem devait faire l’objet de négociations. Au cours d’un échange téléphonique mardi, le président palestinien Mahmoud Abbas a mis en garde Donald Trump contre les « conséquences dangereuses d’une telle décision sur le processus de paix, la sécurité et la stabilité dans la région et dans le monde ». Les appels contre une telle décision aux conséquences imprévisibles sont tombées en cascade au cours des dernières 24 heures.

« M. Trump, Jérusalem est une ligne rouge pour les musulmans », a averti le président turc Recep Tayyip Erdogan. Président en exercice de l’Organisation de la coopération islamique, il a précisé qu’un sommet des 57 pays membres, se tiendrait « sous 5 à 10 jours » si Washington reconnaissait Jérusalem comme capitale d’Israël.

Macron a dit sa « préoccupation »

En Europe, nombre de voix se sont aussi élevées. Le président français Emmanuel Macron a exprimé sa « préoccupation ». « Tout ce qui contribue à attiser la crise est contre-productif en ce moment », a renchéri le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel.

La question est la même tous les six mois depuis plus de deux décennies: le président américain accepte-t-il de déménager l’ambassade des Etats-Unis en Israël vers Jérusalem, comme le prévoit une loi adoptée en 1995, ou signe-t-il une dérogation pour la maintenir à Tel-Aviv, à l’instar du reste de la communauté internationale?

Concrètement, Donald Trump signera une nouvelle fois cette dérogation car la nouvelle ambassade ne sera pas prête avant plusieurs années, a souligné la Maison Blanche. Mais il demandera au département d’Etat de préparer le transfert.