la Belgique

En Flandre, Bart Tommelein (Open VLD) et Geert Bourgeois (N-VA) s’opposent sur le pacte énergétique

Le gouvernement fédéral et les entités fédérées l’ont promis : un pacte énergétique doit être conclu d’ici la fin de l’année. Un acte fort est attendu sur la sortie du nucléaire en 2025. Mais en Flandre, ça coince toujours. Le sujet était au coeur de la chronique de Joyce Azar, journaliste à la VRT, ce mercredi sur les ondes de La Première.

Ça fait des années qu’on l’attend : le pacte interfédéral sur la politique énergétique devait être bouclé en 2015, mais, système belge oblige, les quatre ministres de l’Energie n’étaient pas tombés d’accord sur ce dossier ultra sensible. Cette fois, les choses semblent bouger dans le bon sens, en tous cas en Wallonie et à Bruxelles. Jean-Luc Crucke (MR) et Céline Fremault (CDH) l’ont annoncé: ils ne signeront pas le pacte si le texte n’implique pas une sortie du nucléaire en 2025, comme le prévoit d’ailleurs la loi. De son côté, le ministre flamand de l’Energie, Bart Tommelein (Open VLD), est sur la même longueur d’onde, à titre personnel du moins. Car officiellement, il doit gérer un obstacle de taille, en l’occurrence, la N-VA, et son obstination à vouloir maintenir deux centrales nucléaires ouvertes.

Ce week-end, Bart Tommelein est monté au créneau et s’en est directement pris à son patron, le ministre-président flamand Geert Bourgeois. Dans un entretien accordé au journal dominical De Zondag, Bart Tommelein s’est dit interloqué par le fait que le plus grand parti du gouvernement se laisse mener à la baguette par les groupes lobbyistes. Le ministre flamand de l’Energie dénonce: « Pour la N-VA, la voix de la France pèse plus que le sentiment d’urgence ». Par « la France », il pointe évidemment du doigt le groupe Engie, qui exploite nos centrales nucléaires. Le ministre libéral prévient: si la transition vers d’autres énergies n’intervient pas plus rapidement, notre pays va devenir « un cimetière de systèmes totalement dépassés ».

Le ministre-président flamand a remis Bart Tommelein à sa place. Invité sur le plateau de VTM, Geert Bourgeois (N-VA) a déclaré que les propos de son ministre étaient inappropriés, d’autant que ce dernier est également vice-ministre-président du gouvernement flamand. Faisant référence aux querelles intestines au sein du fédéral, Geert Bourgeois a ajouté qu’il ne voulait pas que cette « maladie », qui mène à des attaques frontales entre les vices-premiers ministres, ne se propage à la coalition flamande.

Le message semble être passé, puisque depuis lors, c’est le silence radio. Les discussions continueront sans doute en interne, car le temps presse, et le pacte est, comme on l’a dit, interfédéral. La N-VA pourrait une fois de plus mettre des bâtons dans les roues de ce projet commun, et faire la part belle aux grands groupes industriels, notamment dans le port d’Anvers. Bref, le débat risque encore d’être électrique au nord du pays.