la Belgique

Famille albanaise avec trois enfants placée en centre fermé: le cabinet Francken renvoie la responsabilité aux parents

La police a placé jeudi une famille albanaise avec trois enfants d’Audenarde en centre fermé, dans la perspective d’une expulsion vers l’Albanie, écrivent vendredi De Morgen et Het Laatste Nieuws. Les réseaux d’enseignement demandent de laisser les enfants terminer leur année scolaire, tandis que le cabinet du secrétaire d’État à l’Asile Theo Francken renvoie la responsabilité aux parents.

La famille – père, mère et trois enfants âgés de 3, 9 et 11 ans – a appris en août de l’année dernière que sa demande d’asile en Belgique avait été refusée, a expliqué son avocat Bertrand Vreyens. Elle avait par la suite reçu un ordre de quitter le territoire, qu’elle a contesté en appel.

Le jugement n’a pas encore été rendu, mais ses clients ont déjà été interpellés, déplore l’avocat.

Des habitants du quartier où réside la famille, ainsi que du personnel de l’établissement scolaire fréquenté par les enfants, ont réagi avec étonnement. « Ces gens vivaient ici depuis huit ans et étaient parfaitement intégrés dans le village et la vie associative », commente la directrice d’école Katrien De Smet dans les journaux.

La députée Groen Elisabeth Meuleman qualifie quant à elle ce traitement d’inhumain et a l’intention d’interroger la ministre de l’Enseignement Hilde Crevits (CD&V).

Le cabinet du secrétaire d’État fédéral à l’Asile et la Migration Théo Francken (N-VA), quant à lui, renvoie la responsabilité aux parents, en expliquant que la famille avait rapidement reçu une décision négative, dans les six mois de la première demande d’asile fin 2011.

La famille a choisi d’enchaîner les procédures inutiles de recours

« La famille a choisi d’enchaîner les procédures inutiles de recours, cherchant ainsi à favoriser son intégration dans l’illégalité. En tant qu’autorité, nous ne pouvons défendre cela », selon le cabinet, qui estime que cette manière de faire « n’est pas dans l’intérêt des enfants ».

L’Office des étrangers a plusieurs fois invité la famille pour organiser un retour volontaire en Albanie pendant les vacances scolaires, mais la famille ne s’est jamais présentée et a agencé ses recours afin qu’ils aboutissent en cours d’année scolaire, « ce qui démontre la grande responsabilité des parents », ajoute le cabinet Francken.

Les réseaux flamands d’enseignement officiel et catholique ont pour leur part demandé de laisser les enfants terminer leur année scolaire.