la Belgique

Foyer Laekenois: la rémunération de Christophe Pourtois (ex-MR) recalée par la SLRB

Le conseil d’administration de la SLRB, la Société du Logement de la Région bruxelloise, a décidé, ce jeudi, de recaler la rémunération de Christophe Pourtois, ex-mandataire MR, en tant que directeur général du Foyer Laekenois. Le Foyer Laekenois gère 4000 habitations et constitue l’une des plus importantes sociétés de logements sociaux (SISP) actives sur le territoire de la Ville de Bruxelles. Elle est officieusement dirigée depuis 1er septembre par Christophe Pourtois, emporté en juin dernier par la polémique liée aux rémunérations des administrateurs politiques non élus. Au travers de ses précédents mandats (CHU Brugmann, CPAS de la Ville, IRIS…), le Bruxellois était rémunéré plus de 100 000 euros bruts par an.

A plusieurs sources, la RTBF a appris que c’est le montant de la rémunération de Christophe Pourtois au Foyer qui a braqué la SLRB: près de 110 000 euros bruts par an (9 000 euros par mois). Deuxième élément: une clause prévoyant une indemnité de sortie en cas de licenciement correspondant à environ deux ans de salaire. Enfin, du côté des administrateurs, on s’est étonné de devoir statuer sur la rémunération de Christophe Pourtois bien après sa prise de fonction.

« Un dossier privé »

Yves Lemmens, directeur général de la SLRB, ne souhaite pas commenter « des décisions portant sur des dossiers privés » qui n’ont pas encore été officiellement notifiées à l’intéressé. Mais une chose est sûre: le Foyer Laekenois devra prendre ses responsabilités et faire un choix.

Soit, en estimant être dans son droit et en confirmant Christophe Pourtois à son poste et sa rémunération. Selon plusieurs acteurs du dossier, la tutelle de la SLRB ne s’appliquerait pas sur les nominations et les salaires. « Ce qui est fou, c’est que par le passé, la SLRB n’a jamais exercé le moindre contrôle sur la rémunération des directeurs de sociétés de logements. Et aujourd’hui, la SLRB se réveille. Il y a un vrai problème au niveau de la tutelle », commente une source proche du dossier.

Soit, le Foyer évite le scandale et se sépare de l’ancien libéral quelques semaines à peine après l’avoir accueilli. Ce qui ne semble pas être d’actualité, selon nos informations. « Le Foyer n’est pas informé de cet avis », réagit David Weytsman (MR), le président du Foyer. « Il est évident que son CA en tiendra compte. Cet avis est cependant surprenant car la rémunération du nouveau directeur est inférieure, à expérience et responsabilité égale, aux pratiques du secteur. Pour ma part, j’estime que toutes les rémunérations au sein des entreprises publiques doivent être publiées et cadastrées et je regrette que cela n’ait jamais été fait. »

« Une rémunération à adapter »

Contactée par nos soins, Céline Frémault (cdH), ministre bruxelloise du Logement demande que la rémunération de Christophe Pourtois soit « impérativement » adaptée à la baisse. Elle rappelle qu’un projet d’ordonnance relatif à la bonne gouvernance dans le secteur du logement public a été adopté par le gouvernement bruxellois début juillet. Il habilite désormais la SLRB « à contrôler davantage la fixation des rémunérations et avantages octroyés aux dirigeants des SISP. C’est déjà le cas pour les administrateurs des SISP, mais on l’étend donc aux directeurs et gérants des SISP. »

« Dans ce cadre », insiste la ministre, « la SLRB vérifie le respect des législations et réglementations en vigueur dont notamment l’ordonnance du 12 janvier 2006 sur la transparence des rémunérations et avantages des mandataires publics bruxellois et ses arrêtés d’exécution ainsi que la circulaire de la SLRB de 2012 encadrant les émoluments et rémunérations des membres des conseils d’administration des SISP. Le projet d’ordonnance prévoit également la base légale pour établir des règles et barèmes encadrant les rémunérations et avantages des dirigeants de SISP. L’objectif est de pouvoir inclure ces dispositions dans le cadre d’un contrat de gestion négocié avec le secteur. A titre de comparaison, la Flandre a procédé à un tel exercice au sein du secteur. Des barèmes ont ainsi été fixés par circulaire. »

Transparence

La ministre cdH insiste: « Toutes ces mesures me paraissent fondamentales pour assurer un climat de travail serein en toute transparence. »

Ce dossier comporte, on s’en doute, un aspect politique, malgré l’exclusion de Christophe Pourtois du MR. Depuis le scandale du Samusocial et la démission du bourgmestre socialiste Yvan Mayeur, les rémunérations sont passées au crible. Visées: celles octroyées au sein des structures proches de la Ville de Bruxelles et du collège PS-MR. Le cdH, dans l’opposition à la Ville mais dans la majorité à la Région tente de se démarquer en affichant une visage plus respectable, surtout depuis le coup d’éclat de Benoît Lutgen, le président du parti. Reste que les récents sondages sont loin d’être favorables aux Humanistes.