Economie

Idem Papers à Virginal: la crainte d’un enlisement à cause de la crise politique

Presque trois semaines après la faillite d’Idem Papers à Virginal, on apprend qu’une cinquantaine de travailleurs ont été réengagés sous statut d’intérimaire (mais aux conditions qui existaient chez Idem Papers). Ils sont chargés par la curatelle d’optimiser les produits semi-finis qui sont déjà sortis des machines, afin de pouvoir les vendre. Le stock de la papeterie sera également écoulé. L’objectif de faire entrer de l’argent dans les caisses.

Par contre, il n’y a toujours pas de perspective de reprise de l’activité. La cellule de reconversion promise par le gouvernement wallon sera même officiellement installée ce mercredi pour les 380 travailleurs de l’entreprise. « Le but est de pouvoir rassembler tous les travailleurs pour faire une évaluation des compétences et des profils, afin de leur permettre de se réorienter sur le marché de l’emploi », explique Manu Fernandez, de la CSC.

La mise en place d’une cellule de reconversion signe-t-elle la fin de tout espoir de reprise? « Actuellement, c’est un petit peu compliqué, reconnaît Manu Fernandez. Aujourd’hui, les curateurs font leur métier habituel dans ce genre de situation. Moi je n’ai pas tendance à dire que tout est terminé mais on doit prendre des précautions. Une des précautions, c’est la cellule de reconversion. Les travailleurs y ont droit et donc on doit continuer notre travail pour les accompagner ».

Quel impact aura la crise politique ?

La crise de la majorité au parlement et au gouvernement wallon peut-elle avoir une influence sur l’évolution de ce dossier? Le sort d’Idem Papers ne risque-t-il pas de passer au second plan après le coup de poker du CDH qui ne veut plus gouverner avec le PS? C’est un réel motif d’inquiétude pour les travailleurs et leurs représentants syndicaux. « Il y a des travailleurs et des situations qui sont complexes. Un dossier comme celui d’Idem Papers ne peut pas être reporté en attente d’un accord de gouvernement ou en attente d’éventuels subsides dont on aurait besoin. Ce ne serait pas normal, les engagements doivent être tenus ».

A ce propos, les syndicats comptent interpeller le gouvernement wallon pour lui rappeler les promesses faites la veille de la faillite. Le ministre wallon de l’Economie Jean-Claude Marcourt (PS) avait notamment déclaré qu’il ferait tout pour aider la curatelle à trouver une solution de relance, mais rien ne semble réellement bouger depuis.