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Japon: un drone pour chasser du bureau les employés en heures supplémentaires

 

Un des drones utilisés pour faire partir les employés qui voudraient faire des heures supplémentaires au Japon, le 7 décembre 2017 –
HANDOUT / BLUE INNOVATION / AFP

Accompagné d’une chanson populaire, le drone fait une ronde au sein de l’entreprise pour prévenir les employés qu’ils doivent quitter leur travail. 

Pour lutter contre le phénomène typiquement japonais des heures supplémentaires à rallonge, une société du pays croit avoir trouvé la solution: un drone au bureau, chassant en musique à partir d’une certaine heure les employés trop zélés.

Le drone rôde autour de ceux qui tentent de travailler trop tard le soir, leur envoyant dans les oreilles la chanson écossaise « Auld Lang Syne » (connue sous le titre « Ce n’est qu’un au revoir » en français), souvent utilisée au Japon pour annoncer la fermeture imminente des magasins.

Un des dirigeants de l’entreprise qui utilise désormais un drone assure: « Vous ne pouvez pas travailler quand vous vous dites: ‘il va bientôt arriver maintenant’ et que vous entendez Auld Lang Syne en plus de ses vibrations ».  C’est son entreprise, nommée Taisei, spécialisée dans la sécurité et le nettoyage, qui a co-développé le système.

Le drone sera mis en service en avril

Le drone est équipé d’une caméra dont les images peuvent être vues en temps réel à distance, et enregistrées. L’engin volant fait ses rondes de manière autonome, sur un trajet pré-programmé. L’entreprise Taisei compte le mettre en service en avril au Japon, pour un prix d’environ 50.000 yens (environ 3.770 euros au cours actuel).

Les développeurs du drone examinent la possibilité de le doter également d’une technologie de reconnaissance faciale, afin de pouvoir identifier les employés, ou de vérifier s’il ne s’agit pas d’intrus. Jusqu’ici, les employeurs japonais s’étaient tournés vers des sociétés de sécurité, pour inciter le personnel à cesser le travail à partir d’une certaine heure le soir. Mais ces sociétés elles-mêmes manquent de personnel pour remplir cette tâche ingrate, dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre dans le pays.

Plus de 20 heures supplémentaires par semaine 

Le gouvernement tente également depuis des années de changer la culture d’entreprise dans le pays, où travailler plus longtemps que les autres est perçu comme une preuve de loyauté et de dévouement. La mort par surmenage au travail – crise cardiaque, accident vasculaire cérébral, suicide – a même son nom au Japon: « karoshi ».

En octobre, un rapport du gouvernement avait évalué à 191 les cas de « karoshi » sur l’année fiscale achevée fin mars, et souligné que 7,7% des salariés japonais effectuent plus de 20 heures supplémentaires par semaine.