la Belgique

Jean-Luc Crucke: « On ne modifiera pas la trajectoire qui est de quitter le nucléaire en 2025 »

Alors que la N-VA a annoncé qu’elle n’approuvera pas le pacte énergétique et confirme ainsi sa volonté de ne pas sortir du nucléaire en 2025, les critiques fusent au sud du pays

Mais pour Jean-Luc Crucke, le nouveau ministre wallon du Budget (MR), l’a affirmé dans Matin Première : « Un texte peut toujours être modifié à la marge, mais on ne modifiera pas la trajectoire qui est celle du départ du nucléaire en 2025. Ca je suis formel ! ».

« Par contre, que l’on doive tenir compte de l’ensemble des conséquences, notamment sur le plan budgétaire, (…) pour ceux qui auront des difficultés à joindre les deux bouts et donc à répondre à ces objectifs, il y aura une aide. C’est dans le pacte énergétique », a-t-il ajouté.

« La N-VA ne mène pas la danse »

Pas question pour Jean-Luc Crucke de dire que la N-VA mène la danse : « Il y a quatre gouvernements. Quatre gouvernements qui vont devoir prendre leurs responsabilités sur une vision politique qui a été partagée par les quatre ministres des quatre gouvernements ».

Si ces quatre ministres « se sont clairement exprimés pour dire qu’il y avait un accord entre eux », « il n’y aura accord de gouvernement que lorsque les quatre gouvernements » l’auront approuvé, précise-t-il.

Un accord que le gouvernement wallon va d’ailleurs donné aujourd’hui. « Un signe positif, très volontariste, pour dire nous savons où nous voulons aller. C’est inscrit dans ce pacte et c’est ce que nous souhaitons faire aussi ensemble ».

Et d’ajouter : « Je suis persuadé qu’aujourd’hui on doit pouvoir comprendre que ces enjeux pour lesquels on se bat, sont à ce point importants pour le capital santé, économique et social de ce pays ; que toute autre solution sera une solution qui sera d’office plus néfaste, moins positive, moins optimiste ; et pour le pays et pour les régions ».

« Si on a un accord sur la trajectoire, on peut chiffrer »

Si pour le ministre wallon du Budget, « chacun a le droit d’avoir des opinions sur un sujet, et sûrement sur un dossier comme celui-là », « il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs ». 

S’il comprend bien que la N-VA est en demande « de chiffrage », il estime qu' »on ne peut chiffrer que ce qui existe, et ce qui existe, c’est un plan qui a des phases intermédiaires : 2030 et 2050, et avant cela 2025, la sortie du nucléaire. Et donc si sur cela on est d’accord, évidemment qu’il faut chiffrer ».

« Mais, il y a une chose dont il faut se méfier : c’est le chiffrage du jour X. En matière énergétique, il n’y a rien qui change plus vite », précise-t-il tout en donnant en exemple le photovoltaïque : « Qui croyait il y a 10 ans que cette filière aurait pu devenir autonome, sans aides publiques ? ». 

Autrement dit, si « le chiffrage est un élément intéressant, il faut le mettre en parallèle », dit-il, « c’est un élément intéressant mais qui n’est pas crédible sur 30 ans parce que tout cela va évoluer dans le temps. La transition énergétique aura un coût, mais il y aura aussi des bénéfices. C’est ce qu’on appelle des effets retour. Il faut pouvoir le dire aussi, mais tout cela évoluera avec le temps ».

« Si vous n’avez pas une direction qui est imprimée, vous ne pouvez pas amener des investisseurs sur cette direction », ajoute-t-il avant de saluer « le courage de Charles Michel lorsqu’il a dit : ‘Qui que ce soit ne pourra pas torpiller ce pacte énergétique !’, ça c’est la direction! ». 

« Un moment donné, c’est le politique qui doit trancher »

Quand on rappelle à Jean-Luc Crucke que les entreprises craignent cette sortie du nucléaire et que la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) dit qu’il faut maintenir deux réacteurs nucléaires, il répond qu’il respecte ce point de vue tout en les invitant à « lire le document complètement ».  

« Et dans ce document, qu’est-ce qu’on dit ? Pour les entreprises, il faut une norme qui tienne compte des éléments de concurrence. Et notamment pour les entreprises électro-intensive (dont la consommation d’électricité représente une charge très importante, ndlr). En disant ça, on tient compte des intérêts qui peuvent être différenciés des entreprises », précise-t-il. 

Il affirme d’ailleurs avoir déjà « entendu, un moment donné, le Voka (le patronat flamand) dire qu’il est d’accord avec le pacte énergétique ».

Et d’ajouter : « Chacun peut avoir son opinion, mais à un moment donné, c’est le politique qui doit trancher ». 

« Nous ne sommes pas des girouettes ! »

Jean-Luc Crucke confirme que ce dossier est « plus que stratégique. Mais nous ne sommes pas des girouettes et quand nous marquons notre accord sur un document, lorsque nous disons après des mois de travail, c’est cette solution-là que nous vous proposons et nous le disons à nos collègues, et bien les collègues doivent être sérieux avec eux-même aussi. Il y a eu un accord de gouvernement, au Fédéral aussi ; et qui prévoyait de respecter ce qu’on appelle la sortie du nucléaire en 2025. Il faut savoir respecter sa parole ». 

Le ministre libéral en conclut qu’il n’est pas lassé par toutes ces discussions, mais qu’il est « plus que jamais déterminé ! ».

Jean-Luc Crucke a aussi rapidement évoqué la réforme fiscale votée en Wallonie. Une réforme qui, selon lui, profite à plus d’1% des Wallons (contrairement à ce que dit l’opposition) et de donner en exemple la suppression de la redevance TV.