Monde

Jérusalem capitale d’Israël : des concerts de critiques et quelques louanges

Peu après l’annonce par Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale israélienne, les dirigeants et institutions du monde entier se sont exprimés pour ou contre cette décision. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir vendredi.

Les propos de Donald Trump, mercredi 6 décembre, sur la reconnaissance de Jérusalem comme la capitale israélienne ont déjà entraîné une guerre des mots.

  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a salué un "jour historique", alors que la plupart des dirigeants de la région ont condamné cette déclaration.
  • Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a dénoncé des décisions américaines "déplorables" qui "sapent délibérément tous les efforts de paix", assurant que Jérusalem était la "capitale éternelle de l’État de Palestine".
     
  • Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a lui aussi rappelé que le statut de Jérusalem ne peut être résolu que par une "négociation directe" entre Israéliens et Palestiniens. "Il n'y a pas d'alternative à la solution de deux États" avec "Jérusalem comme capitale d'Israël et de la Palestine", a-t-il ajouté. Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence vendredi matin. Cette réunion a été demandée par huit pays sur les 15 qui forment le Conseil de sécurité. Il s'agit de quatre européens – Suède, France, Italie et Royaume-ni -, de deux sud-américains – Bolivie et Uruguay – et de deux africains – Égypte et Sénégal.
     
  • En visite en Algérie, Emmanuel Macron a qualifié de "regrettable" la décision américaine et a souligné "l'attachement de la France et de l'Europe à la solution de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité dans des frontières internationalement reconnues avec Jérusalem comme capitale des deux États".
     
  • L'Arabie saoudite a déploré une décision "injustifiée et irresponsable". La cour royale dit avoir prévenu des "dangereuses conséquences" qu'aurait un transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem. L'Arabie saoudite juge aussi que "cette décision constitue un grand pas en arrière dans les efforts en cours pour faire progresser le processus de paix et viole la position de neutralité des États-Unis à l'égard de Jérusalem". Ryad dit aussi espérer que l'administration américaine renoncera à cette décision et respectera la volonté internationale.
     
  • Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), qui salue la décision historique du président américain, a appelé dans un communiqué Emmanuel Macron à reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, à l'instar de son homologue américain afin de "relancer un dialogue sincère pour aboutir par la négociation à une paix durable" entre Israëliens et Palestiniens.

"Violation du droit international"

  • La Turquie a, elle, condamné "la déclaration irresponsable de l'administration américaine. […] Cette décision est contraire au droit international et aux résolutions de l'ONU", a réagi le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu sur Twitter.
     
  • Le mouvement islamiste palestinien Hamas a affirmé que la décision de Donald Trump ouvrait "les portes de l'enfer pour les intérêts américains dans la région". Ismaïl Radouane, un haut responsable du mouvement, a appelé les pays arabes et musulmans à "couper les liens économiques et politiques" avec les ambassades américaines et à expulser les ambassadeurs américains.
     
  • Pays gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem, la Jordanie a dénoncé, mercredi, "une violation du droit international". Le porte-parole du gouvernement jordanien a affirmé que le droit international et la charte de l'ONU "soulignent que le statut de Jérusalem doit être décidé via des négociations, et considère toutes les mesures unilatérales visant à imposer des réalités nouvelles sur le terrain comme nulles et non avenues".
     
  • La Première ministre Theresa May a déclaré que le Royaume-Uni n'était "pas d'accord" avec la décision de Donald Trump, alors que Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne, a exprimé la "sérieuse préoccupation" de l'Union européenne.
     
  • Plus tôt dans la journée, le pape François avait appelé au statu quo à Jérusalem. "Je ne peux taire ma profonde inquiétude pour la situation qui s'est créée ces derniers jours" autour de Jérusalem, a déclaré le pape lors de son audience hebdomadaire. "J'adresse un appel vibrant pour que tous s'engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l'ONU."

Avec AFP

Première publication : 06/12/2017