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Jérusalem : la ville « trois fois sainte », théâtre de conflits perpétuels

En reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël, Donald Trump écrit une nouvelle ligne de l’histoire agitée de la ville. Lieu saint de l’islam, de la chrétienté et du judaïsme, elle est aujourd’hui au cœur du conflit israélo-palestinien.

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Une Double capitale

Au niveau politique, Jérusalem cristallise les tensions. Si les juifs la considèrent comme leur capitale historique depuis plus de 3 000 ans, les Palestiniens, eux, revendiquent Jérusalem-Est comme la capitale de l'État auquel ils aspirent.

Jérusalem-Est, jusqu'alors sous contrôle de la Jordanie, a été conquise par Israël lors de la guerre des Six-Jours en 1967, puis annexée. Une motion adoptée en juin de la même année à la Knesset proclame la ville "capitale éternelle et indivisible d’Israël et du peuple juif", ce que la "loi fondamentale" de 1980 a confirmé.

Trois fois sainte

Sur le plan religieux, Jérusalem abrite entre les murs de sa vieille ville des sites saints pour des millions d'individus : le Saint-Sépulcre, plus important sanctuaire de la chrétienté, est bâti sur le lieu où, selon la tradition, Jésus a été crucifié puis mis au tombeau.

L'esplanade des Mosquées, où se trouve Al-Aqsa, troisième lieu saint de l'islam, est également le site le plus sacré pour les juifs car c'est là que se dressait leur temple.

En contrebas se trouve le mur des Lamentations, ancien mur de soutènement et dernier vestige du second temple juif détruit en 70 après JC par les Romains. C'est le site le plus sacré où les juifs peuvent prier.

Tensions constantes

Au cœur des tensions, l'esplanade des mosquées reste sous la garde de la Jordanie, mais tous les accès en sont contrôlés par les forces israéliennes. Les juifs sont autorisés à la visiter mais pas à y prier. Toutefois, certains essaient régulièrement de défier l'interdiction, provoquant des incidents.

Pour les Palestiniens, frustrés d'indépendance, la défense de la ville et d'Al-Aqsa sert d'ultime cri de ralliement. Les Palestiniens craignent que ce qu'ils dénoncent comme des empiètements israéliens sur le site ne finissent par une prise de contrôle totale.

Avec AFP

Première publication : 06/12/2017