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JO d’hiver 2018 : la Russie suspendue, ses athlètes autorisés sous drapeau neutre

La Russie a été suspendue des prochains Jeux olympiques d’hiver 2018 par le CIO pour dopage institutionnalisé. Ses sportifs seront autorisés à participer aux épreuves organisées en Corée du Sud sous drapeau olympique et strictes conditions.

Le drapeau russe ne flottera pas lors des prochains Jeux olympiques d'hiver 2018, organisés à Pyeongchang, en Corée du Sud, du 9 au 25 février 2018. La Russie a en effet été suspendue, mardi 5 décembre, pour dopage institutionnalisé, par le Comité international olympique (CIO). Certains de ses sportifs seront cependant autorisés à participer aux épreuves organisées sous drapeau olympique et strictes conditions.

Le CIO a également annoncé le bannissement à vie des JO du vice-Premier ministre russe Vitali Moutko, longtemps en charge des Sports.

Cette décision prise pour des raisons sportives est une première dans l'histoire olympique. Elle intervient alors que la Russie est accusée d'avoir mis en place un système de dopage institutionnalisé de 2011 à 2015, en particulier lors des JO d'hiver 2014 que le pays a organisé à Sotchi.

"Il s'agit d'une attaque sans précédent contre l'intégrité des Jeux olympiques et du sport. La commission exécutive du CIO a pris des sanctions proportionnées au regard de la manipulation systémique, tout en protégeant les athlètes propres", a déclaré le président du CIO Thomas Bach dans un communiqué.

IOC suspends Russian NOC and creates a path for clean individual athletes to compete in @PyeongChang2018 under the Olympic Flag https://t.co/bKA9rpbd3y

  IOC MEDIA (@iocmedia) 5 décembre 2017

Le chef du comité organisateur sud-coréen (Pocog) de ces JO à Pyeongchang (9-25 février) Lee Hee-Bum a lui affirmé qu'il aurait préféré que les sportifs russes sélectionnés concourent sous la bannière de leur pays mais qu'il acceptait la décision du CIO. "Nous pensons que le fait que les Russes soient au moins autorisés à concourir individuellement est la deuxième meilleure solution, mais pas la meilleure", a-t-il déclaré. "Nous ne savions pas qu'elle (la sanction) serait si forte", a souligné Lee Hee-Bum, affirmant qu'il y avait eu "un débat houleux" au sein du CIO avant la décision finale.

Un précédent dans l'athlétisme

Le CIO suit ainsi, deux ans plus tard, la voie tracée par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF). Elle avait suspendu la Fédération russe le 13 novembre 2015 à la suite des révélations d'un dopage systématique couvert par les autorités russes dans la première discipline olympique, et offert la possibilité aux athlètes russes pouvant montrer patte blanche de participer sous la bannière olympique aux JO-2016 de Rio, puis aux Mondiaux de Londres-2017.

Avant les JO-2016 à Rio, l'instance suprême de l'olympisme avait renoncé à suspendre la superpuissance sportive, renvoyant aux fédérations internationales le rôle de faire le tri au sein des sportifs russes, un procédé qui avait été vivement critiqué à l'époque. Au final, seul l'athlétisme avait durement sanctionné la Russie, qui avait présenté une délégation de 276 sportifs à Rio, contre 387 envisagés initialement.

Les explications de Eric Monnin, historien et sociologue du sport

Avec AFP

Première publication : 05/12/2017