la Belgique

Joëlle Milquet: « Le paysage institutionnel public à Bruxelles, j’appelle ça du ‘médiévalisme public »

Entre le statu-quo dans la capitale, et l’unification des communes en une « Ville-Région » proposée par le sp.a, la députée bruxelloise cdH Joëlle Milquet « propose une troisième voie », qu’elle dévoile mardi dans un entretien à la Dernière Heure.

« Le paysage institutionnel public à Bruxelles, j’appelle ça du ‘médiévalisme public' », y lance-t-elle sans détour. « Nous n’avons pas les outils pour mener cette stratégie de développement indispensable pour la capitale. Vous avez une myriade d’institutions, de niveaux de pouvoir, chacun développe sa propre stratégie sans coordination ». La « troisième voie » prônée sera donc celle d’une « stratégie globale et commune à tous », « visible, attractive et visionnaire », un plan « à 10 ans ». « Mon objectif est que cette feuille de route », qui « peut tenir sur quelques feuilles A4 » mais « doit définir une série d’objectifs chiffrés », « soit réelle avant les élections communales », précise Joëlle Milquet.

Comment y parvenir? « Il faut mettre sur pied un comité de convergence rassemblant tous les acteurs publics présents à Bruxelles: le fédéral, la Région, les Communautés, les 19 communes », estime l’humaniste. « Ce mode de gouvernance s’apparente à un fédéralisme d’union un peu responsable, en dehors de la particratie qui nous mine ».

A ce propos, un travail « sans tabou » doit être lancé sans attendre, en vue d’un « plan global de simplification des structures publiques ». « Car si notre paysage public hypertrophié de Bruxelles ne fait pas une cure d’amaigrissement, on n’y arrivera pas », juge Milquet, qui propose concrètement de débuter par un « audit complet » des structures, avant de « fédérer, fusionner, voire supprimer si l’on constate des doubles emplois ». A associer à une « réduction drastique du nombre de mandataires publics ». Pour y arriver, il ne manque « que la volonté », estime l’ancienne présidente de parti. « Avec la volonté et ce plan, on répondrait aux trois-quarts des grandes critiques qu’on peut avoir vis-à-vis Bruxelles », conclut-elle.