la Belgique

La « médecine douce » au chevet de l’agriculture? Une start-up de Gembloux développe une alternative aux pesticides

Comment maintenir les rendements agricoles sans utiliser des produits chimiques? C’est là tout le défi de l’agriculture biologique.

Dans les laboratoires de recherche et les start-up agronomiques, une nouvelle piste se dessine : donner aux plantes des compléments biotiques et phytopharmaceutiques, une médecine douce en quelque sorte, un peu comme pour la santé humaine.

Une entreprise namuroise propose d’appliquer la méthode à la pomme de terre, une culture très dépendante des pesticides.

Pour éviter les dégâts du mildiou, les agriculteurs conventionnels arrosent leurs champs de produits fongicides plus de dix fois sur une saison. Un véritable bombardement chimique.

L’entreprise Medinbio, de Gembloux, a développé une stratégie alternative, à base de produits qui sont dans la nature.

« On va apporter au bon moment une quantité plus importante de micro-organismes, comme par exemple les probiotiques qu’on prend dans le yahourt, explique Thierry Picaud, le CEO de Medinbio. Ensuite, au niveau des foliaires, on va pulvériser des extraits de plante. Après, les produits « médecine douce », ce seront des produits à base d’huiles essentielles (girofle, cannelle, eucalyptus…). »

Cette médecine naturelle, en tout cas à base de produits qui sont dans la nature, permettrait d’approcher les rendements de l’agriculture conventionnelle, et donc de baisser le prix du bio pour le consommateur.

Cela dit, les pommes de terre « Medinbio » sont commercialisées en grande surface non pas sous un label bio, mais avec la mention « garanti sans pesticides ». Et uniquement en France.

En Belgique, le pays de la pomme de terre et du paradoxe : les agriculteurs peuvent utiliser des produits chimiques mais pas encore des extraits de plantes et des probiotiques.