Economie

Les entreprises de travail adapté en pleine mutation à Bruxelles

A Bruxelles, les entreprises de travail adapté emploient aujourd’hui 1450 personnes handicapées, mais certains boulots ont tendance à disparaître. Du coup, il faut trouver de nouveaux segments de marché parce que les jobs qui diminuent concernent en plus les personnes les plus fragiles.

Travie (Travail et Vie) à Anderlecht est un atelier dans lequel sont conditionnés et emballés des présentoirs en carton, de produits cosmétiques par exemple, ou des cartons de chocolats. Travie emploie plus de 300 personnes handicapées. L’entreprise constate en fait une érosion de certains boulots, surtout ceux effectués par des personnes handicapées, moins fortes physiquement, qui ne peuvent donc pas travailler debout par exemple.

Nicolas Paulus, responsable commercial chez Travie explique pourquoi : « Parce que ce sont des jobs qui maintenant sont faits soit, dans le meilleur des cas, en prison, soit dans les pays de l’ancienne Europe de l’Est, et aussi de plus en plus de produits qui sont finalement directement conditionnés en Chine, là où auparavant les produits étaient commandés en Chine, arrivaient chez nous, mais le conditionnement final se faisait encore de manière locale. »

La question du travail manuel devient donc essentielle dans une région désindustrialisée et, a fortiori, pour l’accès au travail pour les personnes avec un handicap.

Ces entreprises de travail adapté doivent réagir et pérenniser l’emploi, c’est une question de subsides régionaux, bruxellois et européens qui leur sont alloués. D’où l’idée de lancer un projet de diversification Devoptim, analyser le marché, trouver de nouvelles filières d’activité, par exemple dans l’économie circulaire, l’agriculture urbaine et les nouvelles technologies.

Virage numérique

Les entreprises concernées se rendent compte qu’il y a moyen de trouver dans des secteurs innovants du travail accessible à des personnes porteuses de handicaps.

Emmanuel Mossay de la Fédération bruxelloise de travail adapté, en charge du projet Devoptim, explique que « dans le numérique, il y a pas mal de choses à faire, tel que par exemple des activités de scanning et des activités de reconnaissance de certains documents parce que l’intelligence artificielle permet déjà de faire pas mal de choses, mais il y a encore pas mal de reconnaissances qui doivent être réalisées visuellement, ou parfois aussi de l’encodage qui doit compléter des documents qui ont été scannés. Ce sont des opérations simples qui peuvent donc être réalisées par des travailleurs handicapés. »

De plus en plus, le secteur du travail adapté va tenter de nouer des partenariats avec des start-up, des jeunes entrepreneurs, des designers pour sortir en fait de son rôle traditionnel, presque cantonné à celui de sous-traitant. Des moyens et une logique économique mis au service d’un objectif social.