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Les policiers sur les émeutes à Bruxelles: « Nous ne pouvions rien faire, c’était à devenir fou »

Après les échauffourées qui ont eu lieu dans la capitale hier soir suite à la qualification du Maroc pour la Coupe du monde de football, les témoins et les commerçants dans les rues affirment que l’intervention de la police a pris beaucoup de temps. Plusieurs policiers ont réagi au micro de la VRT, mais ont souhaité rester anonymes en expliquant les nombreux facteurs qui ont rendu leur travail inutilement difficile. « Nous étions complètement surpris, il y avait trop peu d’hommes et des blocs de béton nous barraient la route. C’était frustrant car nous ne pouvions rien faire. »

Avant d’agir, la Région de Bruxelles-Capitale précise que l’ordre public doit d’abord être restauré avant que la police ne puisse protéger les magasins. De plus, toujours selon la VRT, différents groupes se seraient déchainés à divers endroits dans les rues du centre de la capitale. « Nous avons reçu de nombreux appels en même temps, et une sélection a dû être faite. Notre priorité était de rétablir l’ordre public avant tout », explique le porte-parole de la police de Bruxelles-Capitale Ixelles Olivier Slosse.

Nous avons été gênés par le piétonnier

Mais selon les policiers anonymes, la version des faits est un peu différente. « Il n’y avait tout simplement pas assez de policiers pour intervenir », expliquent-ils à la VRT. « Pendant le match, quand ils ont réalisé qu’il y avait beaucoup de gens et d’incidents sur l’avenue Stalingrad, ils ont pensé que cela pourrait être inévitable. Mais sachez que c’était déjà clair pour nous à ce moment que nos policiers avaient été intimidés. Même nos collègues pompiers n’ont pas pu faire leur travail. Ils ont essayé d’éteindre une voiture en feu, mais ont soudainement été intimidés par des jeunes et ont dû se retirer. »

Le ministre Smet appelle à la fermeté

De nombreux médias et témoins de la scène se posaient la question de la rapidité et de l’efficacité de l’intervention policière. Le ministre bruxellois Pascal Smet a mis en avant cette question, et a réclamé dimanche une gouvernance ferme en réponse aux échauffourées de samedi soir dans les quartiers centraux de la capitale, tout en s’interrogeant sur la proportionnalité de la réaction policière. « On ne peut accepter qu’un groupe de Bruxellois d’origine marocaine manifestement (très) jeunes gâche littéralement la fête d’un plus grand groupe », a commenté le ministre bruxellois.

Il voit dans la violence des fauteurs de trouble « un énième signe que quelque chose ne tourne pas rond dans l’éducation d’une partie des jeunes Bruxellois, et qu’il y a fondamentalement un manque d’autorité, de respect et de discipline. Il est clair que les auteurs devront être poursuivis, sanctionnés mais surtout éduqués. »