la Belgique

Lierneux: trois bourgmestres, un seul siège

Ils sont trois: Fabrice Léonard, Francis Samray et André Samray. Trois vieux routiers de la politique lierneusienne, qui se positionnent pour les prochaines communales. Leurs points communs? Deux d’entre eux portent le même patronyme, mais sans lien direct de parenté. Au-delà de l’anecdote, tous trois ont déjà occupé le poste de bourgmestre et espèrent retrouver leur siège. Une situation atypique, dans cette petite commune de 3.600 habitants, qui a connu une législature pour le moins mouvementée.

Une législature tout en rebondissements

Fabrice Léonard, l’actuel bourgmestre, apparenté PS et meneur du groupe « Avec vous », n’est en poste que depuis octobre 2014. Son prédécesseur, André Samray du groupe « Ré-agissons », est alors balayé par une motion de méfiance. Résultat: un changement de majorité. Le troisième homme, Francis Samray, homme fort du groupe « Ensemble LDB », a quant à lui été bourgmestre de 2006 à 2012. Rien d’officiel pour l’instant, mais sans grand suspens, chacun des trois hommes devrait être premier de sa liste.

Mais à Lierneux, le principal enjeu interviendra sans doute après les élections: dans le contexte actuel, difficile de trouver une coalition. André Samray de « Ré-agissons », n’a pas vraiment digéré la trahison de son ancien partenaire de majorité, « Ensemble LDB ». « Cette motion de méfiance, on ne l’oublie pas », confirme André Samray. Mais il nuance: « On va à ces élections sans rancœur, on ne peut pas se permettre d’exclure un partenaire à priori, tout dépendra du résultat des urnes ».

Des tensions de toutes parts

Dans l’actuelle majorité – « Avec vous » / « ensemble LDB », les relations sont là aussi loin d’être au beau fixe. Depuis le blocage du budget, juste avant Noël, la rupture est flagrante. Un conseiller communal, membre « d’Ensemble LDB« , décide en effet de voter contre ce budget. Francis Samray, le leader d’Ensemble LDB, dit aujourd’hui comprendre ce membre de son groupe. « Il y a une véritable absence de concertation au sein de la majorité », dénonce-t-il. Mais il refuse d’accorder trop d’importance à l’événement: « C’est un signal, pas une rupture ». De son côté, Fabrice Léonard, le bourgmestre, a une autre lecture des choses. « Peut-être faut-il y voir une volonté de la part d’Ensemble LDB de se dissocier et de se rapprocher de la minorité, leur ancien partenaire », analyse-t-il.

Finalement, c’est peut-être bien la minorité actuelle qui pourrait tirer profit de cette querelle. « C’est une législature perdue », soupire André Samray de « Ré-agissons ». Lui entend bien se poser avec son groupe en candidat « de la sérénité et de la stabilité ».