la Belgique

Molenbeek a fêté le nouvel an berbère

La fête de « Yennayer »  se fête le 12 janvier et son origine remontrait à 950 avant notre ère. Il ne s’agit donc pas d’une fête religieuse musulmane. Aujourd’hui, beaucoup de bruxellois d’origine Amazigh (berbère) reconnaissent qu’ils ont un peu oublié l’origine de cette célébration pourtant millénaire. Depuis trois ans pourtant, certains tentent de la faire revivre au cœur de Molenbeek. Ce vendredi soir, au château du Karreveld, de nombreuses familles étaient venues renouer avec cette tradition. L’occasion d’écouter de la musique, d’assister à un défilé de vêtements traditionnels ou de déguster un plat typique, préparé par Fatima. Cette traiteur, installée depuis vingt-cinq ans en Belgique, n’a découvert la fête de Yennayer qu’il y a cinq ans seulement. Ce soir, elle propose de petites coupelles garnies de boulettes de blé concassé, garnies d’amandes et d’huile d’argan. Sana est venue pour retrouver ses racines : « Ici, je me sens berbère et j’en suis fière, c’est important de savoir d’où on vient ».

Cette soirée est aussi l’occasion de mettre en lumière la trajectoire des premiers marocains arrivés en Belgique dans les années soixante et de leurs enfants. Le mari d’Aïcha est arrivé à Bruxelles, il y a plus de cinquante ans. Il a travaillé comme soudeur. Ensemble, ils ont eu deux filles, l’une travaille comme secrétaire, l’autre est mathématicienne. Une réelle fierté s’empare de la famille au moment de monter sur la scène. « On est tellement heureux de montrer que l’on peut être en même temps belge, berbère, musulman »!

Mohamed El Hamouti est l’organisateur de la soirée. Il rappelle qu’à Bruxelles, les marocains sont majoritairement d’origine berbère, venus des montagnes du Rif ou des villes du nord du Maroc, comme Tanger ou Tetouan. « Le premier contrat signé entre la Belgique et le Maroc prévoyait d’envoyer des travailleurs de ces régions-là, donc la majorité de l’immigration marocaine à Molenbeek ou Schaerbeek est d’origine Amazigh ». Mohamed utilise volontairement le terme « amazigh » plutôt que « berbère ». « Je n’aime pas le mot berbère car il fait référence au mot barbare, alors que le mot Amazighe veut dire « homme libre ». l fait référence à un peuple millénaire, réparti sur une douzaine de pays, depuis l’Afrique du Nord jusqu’au Mali, Niger, Burkina Faso. L’influence arabe est arrivée bien plus tard. Aujourd’hui, certes, nous parlons arabe, mais cela ne fait pas de nous des arabes ».