la Belgique

Mons: une famille de Roms depuis deux ans dans un abri de fortune, caché dans un terrain vague

Nous sommes aux portes de Mons. Une route, des magasins, des milliers de passages chaque jour devant un petit terrain vague. Qui imaginerait que derrière les fourrés se trouve un mini bidonville? Une famille de Roms de Roumanie y vit depuis deux ans. Avec une enfant de quatre ans, dans une extrême pauvreté. La situation a été découverte par Gilbert, un entrepreneur qui travaille sur un chantier et qui a remarqué les allées et venues des parents et de la fillette… C’est avec lui que nous découvrons les lieux. Des baraques faites de bric et de broc, du bois, des palettes, des cartons. Sur un matelas, dehors, une jolie petite fille emmitouflée sous plusieurs couvertures. Sa maman connait quelques mots de français… Elle explique qu’elle est venue en Belgique pour faire la manche, trouver des vêtements pour sa petite. Quand on lui demande s’il ne fait pas trop froid, elle répond que non et évoque un chauffage avec du gasoil… Il y a d’autres tentes sur le terrain, des déchets, des caddies renversés. Nous comprenons que d’autres sans abri viennent dormir ici. Mais la conversation tourne court. Le couple n’est pas agressif mais on sent que ces personnes sont craintives… Gilbert qui a découvert cette famille par hasard est très choqué: « nous sommes presque en 2018 et personne ne signale ça, je trouve ça lamentable ».



Un abri fait de bois, de cartons et de plastique – © RTBF

Mais visiblement, les autorités montoises n’étaient pas au courant précédemment de la présence de cette famille. Les services sociaux que nous avons contactés expliquent qu’ils prendront contact avec ces personnes mais il est clair que ce n’est pas une population qui se laisse approcher facilement. Les communes ne savent pas toujours comment aborder les Roms qui font la manche en rue mais qui vivent cachés dans des squats ou dans ce type de camp. Ahmed Hakim, directeur du Centre de médiation des Gens du Voyage et des Roms explique que ces personnes sont pour la plupart des ressortissants Européens mais les CPAS ne sont pas tenus de leur apporter une aide sociale, s’ils n’ont ni revenus, ni travail. « Ce que l’on peut faire c’est apporter une aide concrète, humanitaire, chaque personne à son niveau mais aussi les autorités. Des autorités qui pourraient prendre des mesures d’expulsion de ce lieu mais pour aller où? ça ne fera sans doute que déplacer le problème ailleurs, probablement en région montoise. C’est pour ça qu’on encourage les autorités à prendre des mesures pour aider ces gens à vivre moins indignement, à défaut de vivre dignement… ».
« Le pire serait de ne pas s’indigner et de banaliser la situation de ces gens – ajoute le médiateur – mais il est clair que ces familles ont une longue expérience de misère et de survie, leur situation en Roumanie serait sans doute encore pire… et là-bas, l’hiver est encore plus rude ».