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Mort à Charlottesville : polémique après le refus de Trump de condamner l’extrême droite

Des violences entre des partisans de l’extrême droite américaine et des contre-manifestants ont fait un mort, samedi, en Virginie. La réaction de Donald Trump, qui a dans un premier temps renvoyé les deux camps dos à dos, a suscité l’indignation.

Face aux violences et à la mort d’une jeune manifestante, samedi 12 août, dans des heurts entre suprémacistes blancs et militants antiracistes, à Charlottesville, en Virginie, le président américain Donald Trump a eu une attitude pour le moins non partisane. Une réaction qui suscite la controverse jusque dans les rangs républicains.

Une femme de 32 ans a été tuée lorsqu’une voiture a foncé, volontairement selon des témoins, dans une foule de contre-manifestants venus s’opposer à un rassemblement unitaire de la droite radicale américaine: néo-nazis, suprémacistes blancs, Ku Klux Klan (KKK) jusqu’à la droite alternative ou Alt Right, dont une partie au moins avait soutenu Donald Trump à l’élection présidentielle.

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Face à cet acte, le président américain a condamné les violences en conférence de presse depuis son golf de Bedminster (New Jersey), où il passe ses vacances. Il n’a cependant pas souhaité se prononcer sur la responsabilité de l’un ou l’autre des camps en présence. "Nous condamnons dans les termes les plus forts possible cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties", a-t-il déclaré.

What is vital now is a swift restoration of law and order and the protection of innocent lives.#Charlottesville pic.twitter.com/DB22fgnu6L

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 12 août 2017

Interpellé par des journalistes, il a refusé de condamner spécifiquement les mouvements d’extrême droite. Une posture qui a provoqué l’indignation chez les démocrates mais aussi un malaise chez les républicains, son propre parti.

En comparaison, la fille et conseillère du président, Ivanka Trump, a elle dénoncé sans ambages "le racisme, la suprématie blanche et les néo-nazis", estimant dans une série de tweets dimanche matin qu’il n’y avait "pas de place dans la société" américaine pour de telles idées.

1:2 There should be no place in society for racism, white supremacy and neo-nazis.

— Ivanka Trump (@IvankaTrump) 13 août 2017

Républicains et démocrates sur la même ligne

La démocrate Hillary Clinton, battue par Donald Trump à l’élection présidentielle de 2016, l’a critiqué sans le nommer. "Chaque minute où nous permettons à cela de se poursuivre par un encouragement tacite ou par inaction est une honte et un danger pour nos valeurs", a-t-elle tweeté.

Every minute we allow this to persist through tacit encouragement or inaction is a disgrace, & corrosive to our values.

— Hillary Clinton (@HillaryClinton) 12 août 2017

Le sénateur républicain de Floride, Marco Rubio, est lui aussi intervenu sur Twitter. "Très important pour la nation d’entendre le président décrire les événements de Charlottesville pour ce qu’ils sont, une attaque terroriste menée par des suprémacistes blancs".

Very important for the nation to hear @potus describe events in #Charlottesville for what they are, a terror attack by #whitesupremacists

— Marco Rubio (@marcorubio) 12 août 2017

Le sénateur républicain Cory Gadner s’est également fendu d’un message sur le réseau social de microblogging :"M. le Président. Nous devons appeler ce mal par son vrai nom C’était des suprémacistes blancs et c’était du terroriste domestique."

Mr. President – we must call evil by its name. These were white supremacists and this was domestic terrorism. https://t.co/PaPNiPPAoW

— Cory Gardner (@SenCoryGardner) 12 août 2017

L’ex-président Barack Obama est sorti de sa réserve en citant Nelson Mandela : "Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de ses origines, ou de sa religion".

"No one is born hating another person because of the color of his skin or his background or his religion…" pic.twitter.com/InZ58zkoAm

— Barack Obama (@BarackObama) 13 août 2017

Soucieux d’éteindre la polémique, le porte-parole de la Maison blanche a finalement déclaré dimanche que Donald Trump avait inclus dans sa condamnation des violences "les suprémacistes blancs, le KKK (Ku Klux Klan), les néonazis et tous les groupes extrémistes".

Avec AFP
 

Première publication : 13/08/2017