la Belgique

Namur: interdiction de mendier près des écoles et des distributeurs de billets

Le dispositif qui encadre la mendicité à Namur va être adapté très prochainement. Après la polémique de l’été sur l’entrée en vigueur d’un règlement anti-mendicité, un groupe de travail a planché sur la question. Il était composé de mendiants, de commerçants, d’acteurs sociaux, de membres de la police et du conseil communal et de représentants du secteur associatif. Ce groupe s’est réuni mercredi pour la quatrième et dernière fois, il vient de dévoiler ses conclusions.

Concrètement, le groupe de travail propose de modifier l’article 40 bis du règlement général de police relatif à la mendicité. Cet article prévoyait déjà l’interdiction de la mendicité agressive, avec un chien dangereux ou à l’entrée des édifices publics, ainsi que l’interdiction de l’entrave aux passants. D’autres dispositions seront ajoutées.

« Ce qui sera proposé au collège communal puis au conseil, c’est d’ajouter le fait de ne pas pouvoir mendier à certains endroits, explique l’échevine Stéphanie Scailquin, présidente du groupe. Par exemple à proximité des établissements d’enseignement, à proximité des distributeurs de billets qui sont sur la voie publique, à proximité des banques, ainsi qu’aux terrasses des cafés et des restaurants et lors des marchés hebdomadaires ».

Le collège communal devra prendre position également sur l’interdiction de la mendicité nocturne et de la mendicité en présence de mineurs. Sur ce dernier point, il rappelle que le Conseil d’Etat s’est déjà prononcé sur la question: la mendicité en présence de mineurs ne peut être interdite car elle ne crée pas un trouble à l’ordre public.



Ludwig Simon (à gauche) n’approuve pas toutes les nouvelles interdictions – © Monika Wachter – RTBF

Contacté ce mercredi, Ludwig Simon, porte-parole des mendiants et sans-abris namurois, n’a pas caché son désaccord concernant certaines de ces nouvelles interdictions. « En ce qui concerne les écoles, je suis d’accord avec l’interdiction s’il s’agit de l’enseignement maternel ou primaire, même éventuellement secondaire. Mais je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas demander à un étudiant de 18 ans aux facultés, ce ne sont pas des enfants. Concernant les marchés, je suis totalement contre. Il y a des gens qui travaillent toute la semaine et qui viennent faire la manche au marché du samedi à Namur ou du jeudi à Jambes pour pouvoir s’offrir un supplément ou pour pouvoir payer une facture. Il y a des gens qu’on ne voit qu’aux marchés, ces gens-là seront pénalisés ».

De manière plus générale, Ludwig Simon a le sentiment que son message n’a pas été entendu. « Il faut s’attaquer à la précarité, aux causes de la mendicité, plutôt qu’à l’action de mendier ».

Un document pédagogique

Une fois que les propositions auront été validées par le conseil communal, la ville de Namur distribuera un document pédagogique aux publics cibles, pour expliquer ce qui est toléré et ce qui ne l’est pas. Et pour rappeler quelques dispositions légales, par exemple celle relative à l’ivresse sur la voie publique.

Par ailleurs, on a appris mercredi que les deux recours introduits contre le règlement anti-mendicité de la ville de Namur ont été rejetés par la ministre wallonne des Pouvoirs locaux. Une décision saluée par les autorités communales.