Economie

Nestlé accusé de vendre de l’eau souterraine ordinaire comme de l’eau de source

Une plainte collective contre Nestlé a été déposée mardi dernier auprès d’un tribunal fédéral du Connecticut aux Etats-Unis. Le géant alimentaire suisse est accusé de vendre de l’eau souterraine en la présentant comme une eau de source.

Les 11 plaignants estiment en effet que les bouteilles de la marque « Poland Spring » sont pour la plupart remplies d’eau souterraine ordinaire, indique le Wall Street Journal dans son édition de samedi.

Bloomberg précise que cette eau a été pompée dans une des régions les plus peuplées de l’Etat du Maine. Les plaignants ajoutent que les sites d’où vient l’eau sont situés près d’une décharge actuelle ou ancienne ou d’un site de vidange de pétrole. Ils  estiment que l’eau vendue comme  de « l’eau de source 100% naturelle » ne respecte pas les prescriptions de l’Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments (FDA) et qu’il y a rupture de contrat et fraude.

Les plaignants réclament au moins 5 millions de dollars de dommages et intérêts, notamment pour publicité mensongère, relève le quotidien suisse Le Temps.

« Sans fondement »

Nestlé estime que « les déclarations faites dans l’action en justice sont sans fondement et témoignent d’une évidente volonté de manipuler le système légal dans un intérêt d’enrichissement personnel ».

Soulignant les fortes différences de réglementation entre l’Europe et les Etats-Unis, le groupe vaudois assure que la marque Poland Spring est une eau de source à 100%.

Celle-ci respecte les réglementations de la FDA concernant l’eau de source, celles de l’Etat régissant la classification des standards d’identité d’une source, ainsi que les règles fédérales et de l’Etat concernant les conditions de prélèvement de l’eau, assure Nestlé.

L’eau suit également tous les standards et bonnes pratiques en matière de qualité du produit et d’étiquetage, relève encore le géant alimentaire suisse. Ce dernier se dit « totalement confiant » sur sa position légale.

La lutte pour l’eau, enjeu mondial

Le combat pour l’eau est un véritable enjeu mondial : en Espagne, par exemple, des municipalités endettées avaient offert des concessions à des sociétés privées.

L’an dernier, au terme d’une longue saga judiciaire, Nestlé avait aussi acquis les droits d’achat des eaux souterraines de la localité de Fryeburg dans le Maine pour une durée de 45 ans. Des activistes avaient dénoncé la mainmise de la multinationale sur les eaux souterraines, soulignant les liens entre les responsables publics et Nestlé.

Riccardo Petrella, un véritable « croisé » de la lutte pour le droit à l’eau, a lancé le Contrat mondial pour l’eau et mène une véritable guerre contre la marchandisation et la privatisation de cette ressource essentielle à la vie. Il dénonce l’appropriation progressive des ressources et des systèmes hydriques par les grandes entreprises françaises, en Europe mais également dans le reste du monde.