la Belgique

« Noir-jaune-blues et après? » à Grez Doiceau: « L’unité est le meilleur moyen de résoudre les défis du futur »

Denis Roufart, retraité dynamique qui s’investit dans la vie de sa commune (Grez-Doiceau), a troqué son costume d’informaticien au sein de grandes entreprises pour celui d’ambulancier volontaire et de professeur d’aïkido.

Denis Roufart a 60 ans. Il fait partie de cette population de retraités dynamiques qui multiplient les activités à Grez-Doiceau. Sa femme, Danielle est de toutes les initiatives locales et durables. Il l’accompagne souvent mais, son truc à lui, c’est l’aïkido et la Croix-Rouge.

Depuis quatre ans, le vendredi, Denis est de garde pour les appels non-urgents. Il conduit une ambulance à travers le Brabant wallon, pour, par exemple, transférer des personnes âgées du home à l’hôpital.

Le jeudi, c’est en kimono qu’il passe la soirée à transmettre sa passion de l’aïkido. Un sport qu’il pratique depuis un quart de siècle. Ceinture noire, c’est lui le boss sur le tatami. Denis gère le groupe avec une main de velours dans un gant de velours. « Au début, on était quatre. Aujourd’hui, on est cinquante. Tout le monde peut participer de 7 à 77 ans. C’est un sport de défense. Il n’y a aucune agressivité et pas de compétition. Cela provoque déjà un sérieux tri dans le type de personnes qui viennent à l’entraînement. Ici, on ne cherche pas la bagarre. »

Toute sa carrière, Denis l’a passée au sein d’entreprises appartenant au monde de la finance. Ces mêmes entreprises dont le pouvoir aurait atteint un niveau tel qu’il réduirait celui nos représentants politiques à néant. C’est ce que pensent 80% des répondants à notre enquête Noir-Jaune-Blues. « J’ai travaillé pour Monsanto. On ne savait pas à cette époque-là… Ils m’ont donné du boulot à la sortie de mes études, des bons salaires. Au fil de ma carrière d’informaticien, j’ai assisté à des restructurations énormes. J’étais indépendant, ils auraient dû commencer par moi, mais non. Les employés nous bloquaient l’accès au site. »

Aujourd’hui, même s’il est parfois moins enthousiaste sur les résultats que sa femme, il se sent concerné par l’avenir de la planète. C’est pour ça, et pour garder du lien social, qu’il s’investit dans plusieurs associations locales. « Quand on travaillait, on n’avait pas le temps de penser à tout ça », reconnaît-il. Il y a des grands groupes qui dominent la planète. On a démontré que le système bancaire ne fonctionnait pas. Il y a vraiment beaucoup de choses à améliorer. »

Autre inquiétude, l’avenir de Bruxelles qu’il a quitté il y a trente ans: « On n’a pas peur du terrorisme ici, mais cela ne nous empêche pas de nous sentir concernés par les problèmes de sécurité. J’ai envie de pouvoir me promener en toute tranquillité. Heureusement, cela va très bien pour le moment. ». Ses craintes portent aussi sur l’évolution politique de la Belgique.: « Un parti qui a mis dans sa charte de diviser la Belgique est au pouvoir. La scission entre le nord et le sud me préoccupe. Je pense que l’unité est le meilleur moyen de résoudre les défis du futur. Et cela s’applique aussi au niveau européen. »