Politique

Nucléaire iranien : l’Europe veut sauver l’accord menacé par Donald Trump

Demain, le président américain pourrait refuser de certifier l’accord iranien sur le nucléaire qui, est, selon lui, trop avantageux pour Téhéran. Une fermeté, voire une hostilité vis-à-vis de l’Iran que ne partage pas les Européens. Ils continuent à soutenir l’accord conclu difficilement en 2015. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, qui étaient à la table des négociations, ont travaillé au corps le président américain pour tenter de l’en dissuader ces derniers mois. Mais, à en croire les derniers échos de Washington, la détermination du président milliardaire reste entière.
Que reproche Donald Trump à cet accord ?
Le président américain répète que l’accord sur le nucléaire iranien est l’un des pires et l’un des plus déséquilibrés que les Etats-Unis aient signé. « Nous n’avons rien obtenu », s’est-il exclamé il y a quelques semaines devant l’assemblée générale des Nations Unis. Donald Trump est convaincu qu’il n’empêchera pas l’Iran de développer une arme nucléaire. De plus, l’accord conclu, il y a deux ans, n’aurait aucun impact sur le développement de missiles balistiques. Et, plus largement, il ne réduirait pas l’influence, jugée négative, de l’Iran au Moyen-Orient, notamment dans le conflit syrien.
Les arguments européens 
Selon les capitales européennes, Téhéran joue le jeu. Jusqu’ici, les Iraniens respectent leurs engagements. L’Agence internationale de l’énergie atomiques (AIEA), l’a encore affirmé à la fin du mois d’août. Pour l’Union européenne, la fin de cet accord augmenterait l’instabilité au Moyen-Orient. Elle risquerait également de relancer la course à l’armement nucléaire dans un contexte déjà très tendu avec la Corée du nord. Une remise en question par Washington de l’accord avec l’Iran pourrait dissuader les nord-coréens de s’engager dans un processus similaire. Reste une dernière raison qui explique l’attitude des Européens. Ce sont les enjeux économiques. Si les Etats-Unis se retirent, les Américains pourraient décider de sanctionner les entreprises européennes qui font des affaires avec l’Iran. L’enjeu n’est pas négligeable.

Réactions de l’Union européenne en cas d’échec
Les Etats membres préparent une réponse à triple détente. Dans un premier temps, ils publieraient une déclaration pour soutenir fermement l’accord signé en 2015. Ensuite, les Européens se lanceraient dans du lobbying à Washington, au Congrès américain. Un lieu stratégique où les parlementaires pourraient, à terme, réinstaurer des sanctions américaines contre Téhéran. Enfin, troisième réponse envisagée, l’exercice d’une pression sur l’Iran. En effet, Européens et Américains s’accordent au moins sur un point : il faut un meilleur contrôle du programme iranien de missiles balistiques. Quant à l’Iran, il a déjà fait savoir qu’il n’était pas enclin à renégocier l’accord mais serait prêt à discuter de son programme balistique. 
 

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