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Otan: les militaires belges à l’Iron Wolf 2017, un exercice majeur en Lituanie

Une centaine de militaires belges du 29ème bataillon logistique de Grobbendonk (province d’Anvers) ont pris part mardi à l’exercice multinational « Iron Wolf 2017 » en Lituanie, qui a été effectué en présence du secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, et de la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaite. L’opération a rassemblé pour la première fois deux bataillons de la présence renforcée de l’Otan (Enhanced Forward Presence – EFP), l’un basé en Lituanie et l’autre en Pologne, sous l’égide de la Lituanie.

À 150 kilomètres de la frontière russe

Les troupes belges ont participé à l’exercice militaire, en tant que membre du bataillon multinational de l’Otan commandé par la Bundeswehr allemande. L’exercice amphibie consistait en la traversée d’une rivière dans une bourgade de lituanienne située non loin de Rukla, où est basé le bataillon, à quelque 150 kilomètres de la frontière russe.

« La logistique représente la clé de voûte d’une telle opération », a également souligné le général-major, Marc Thys. « Mes homologues américain et lituanien se sont montrés extrêmement satisfaits de la qualité des troupes belges et de leur apport. Les militaires belges sont en effet formés pour charger tous types de véhicule. Cette très grande flexibilité est particulièrement appréciée. Il s’agit d’une compétence unique », a-t-il ajouté.

M. Stoltenberg a salué plus largement la contribution « clé » de la Belgique au niveau des tâches de soutien logistique dans la cadre de la présence renforcée de l’Otan sur le flanc est de l’Alliance atlantique. Les Belges ont en effet transporté, à l’aide de six porte-chars, les engins des différentes nations lorsqu’elles ont rejoint les bases des bataillons déployés dans les pays baltes, a fait savoir le général-major Thys.

Réponse collective à une agression

Lors de l’exercice, les équipes ont été amenées à effectuer des opérations défensives et offensives, en « terrain libre » soit en zone civile, dans le but d’améliorer l’interopérabilité entre les troupes.

Un exercice enrichissant pour l’apprentissage des troupes belges: « ce type d’exercice standard multinational basé sur une réponse collective à une agression d’un Allié (de l’Otan), conformément à l’article 5, est très utile pour les troupes belges, puisqu’il n’y a plus eu d’exercice de ce genre depuis les années 90 et, donc, la fin de la guerre froide. Cet exercice permet également de voir comment les différentes troupes peuvent fonctionner concrètement ensemble sur le terrain », a pointé le général-major Thys.

Lituanie et neuf pays de l’OTAN

La Belgique participe au bataillon multinational commandé par l’Allemagne aux côtés des Néerlandais, des Luxembourgeois et des Norvégiens. La prochaine relève de son contingent d’une centaine de personnes est prévue en septembre prochain par le 4ème bataillon logistique de Marche-en-Famenne qui sera présent en Lituanie jusqu’à la fin de l’année. Une nouvelle contribution belge durant les quatre derniers mois de l’année 2018 est déjà en discussion, a indiqué le général-major Marc Thys.

Si M. Stoltenberg et Mme Grybauskaite se sont félicités du succès de l’exercice, la présidente lituanienne a toutefois insisté sur le fait que le déploiement des quatre bataillons n’est qu’une étape. Elle a appelé à poursuivre le travail lors du prochain sommet de l’Alliance qui se déroulera en 2018.

Le secrétaire général s’est aussi dit conscient du travail qu’il reste à accomplir, surtout au niveau de la logistique et des infrastructures « afin que les forces (de l’Otan) puissent être déployées plus rapidement à travers l’Europe ». « Il s’agit de questions juridiques et techniques, mais il est également nécessaire d’investir dans les infrastructures », selon lui.

« Iron Wolf 2017 » (« Loup de fer ») est un exercice militaire annuel lituanien, qui cette année se déroule du 12 au 23 juin avec la dimension de l' »Enhanced Forward Presence », en collaboration avec le bataillon de l’Otan commandé par les Allemands et avec celle du bataillon dirigé par les Etats-Unis. Il implique la participation de 5300 militaires lituaniens, mais aussi de neuf alliés de l’Otan: la Belgique, la Croatie, l’Allemagne, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.