la Belgique

Perquisitions au siège du Parti populaire et chez Mischaël Modrikamen

On l’a appris ce mardi matin. Des perquisitions ont eu lieu mercredi dernier, le 8 novembre, à la demande du parquet fédéral, à Watermael-Boitsfort, au domicile de l’avocat Michaël Modrikamen, président du Parti populaire, ainsi qu’au siège du PP, avenue du Houx, à la même adresse.

De même, deux asbl logées à son domicile ont été visitées par les enquêteurs: l’asbl « Financement public du Parti populaire », et l’asbl « Fondation privée – Fondation populaire ». Les enquêteurs recherchaient des preuves dans le cadre d’un dossier de fraude à l’utilisation de subventions européennes. Ils ont emporté des documents et du matériel informatique.

Dossier européen

Ces perquisitions ont eu lieu suite à une dénonciation du Parlement européen dans le cadre d’un dossier de fonds octroyés à des fondations et des partis européens. Visée: l’Alliance pour la démocratie directe en Europe (ADDE), le groupe parlementaire qui rassemble les partis politiques eurosceptiques (UKIP, Debout la France et Parti populaire). Le parlement européen reproche à l’ADDE d’avoir indûment dépensé près d’un demi-million d’euros de subsides européens.

L’Europe octroie des fonds pour les fondations et partis européens, mais cet argent ne peut servir au financement de campagnes. Or, selon le Parlement, l’ADDE a consacré 421.000 euros à des activités politiques nationales. 

Le siège de l’ADDE, boulevard Louis Schmidt à Etterbeek, a aussi été perquisitionné mercredi dernier, tout comme celui de sa fondation politique, « Initiative for Direct Democracy in Europe », au square de Meeus, à Bruxelles. 

Le PP, le congrès et Le Peuple

En quoi le PP est-il concerné ? Il est membre de l’ADDE. Les soupçons portent sur le fait que l’ADDE aurait effectué des versements douteux, de 23.000 euros, pour un congrès du Parti Populaire et la diffusion d’un journal lié au parti.  

Un possible conflit d’intérêts entre l’ADDE et une entreprise médiatique proche du PP est aussi évoqué par l’entremise d’une société, la SCRL « Freedom Media Group », une agence de communication fondée par Mischaël Modrikamen qui a réalisé des interviews vidéos rémunérées pour le compte de l’ADDE et dont l’épouse, Yasmine Dehaene, a été la gérante. Contacté par nos soins, le Président du Parti populaire, Mischaël Modrikamen, se dit serein.  « C’est la 4e perquisition dont je fais l’objet », a-t-il dénoncé. Il souligne qu’il n’a pas encore été interrogé et estime pouvoir faire preuve de la transparence totale.