Politique

Pour Le Pen, Macron n’a pas apporté la moindre « preuve » pouvant justifier les frappes en Syrie

 

La présidente du Front national, Marine Le Pen. –
AFP

Marine Le Pen a estimé ce lundi matin qu’Emmanuel Macron avait « violé le droit international » en frappant la Syrie. La présidente du Front national considère que le chef de l’Etat n’a pas apporté la moindre « preuve » de l’implication de Bachar al-Assad dans l’attaque chimique du 7 avril dernier.

La présidente du Front national Marine Le Pen a estimé ce lundi qu’Emmanuel Macron n’avait « pas apporté le début d’un commencement de preuves » d’utilisation d’armes chimiques par le régime de Bachar al-Assad pour justifier les frappes en Syrie.

« Il a violé le droit international »    

A quelques heures d’un débat, sans vote, sur le dossier syrien au Parlement, elle a estimé sur France 2 qu' »en aucun cas » Emmanuel Macron n’avait apporté ces preuves la veille lors de son entretien sur BFMTV, RMC et Mediapart, et que « les Français s’en sont rendus compte ».

« La réalité c’est qu’une partie du discours (de M. Macron, NDLR) est pour le moins besogneuse. Le président de la République sait très bien qu’il a violé le droit international, il essaie de créer une notion de légitimité internationale », a-t-elle souligné, mais « la communauté internationale n’est pas intervenue car il n’y a pas eu de vote à l’ONU », a-t-elle ajouté.   

« Emmanuel Macron n’a pas pu apporter le début d’un commencement de preuves de ce qui a justifié les frappes militaires », a-t-elle accusé.

Les preuves des enquêteurs   

« Je ne fais confiance à personne, je fais confiance aux inspecteurs internationaux arrivés samedi sur le terrain pour faire une enquête et rendre des conclusions. Avant même qu’ils aient atterri, Emmanuel Macron avait décidé » des frappes, a-t-elle dénoncé.
    
« On n’intervient pas dans un Etat étranger alors qu’on a aucune preuve et qu’on ne laisse pas le temps aux inspecteurs internationaux » d’enquêter, a-t-elle insisté.

Le risque « d’une submersion migratoire »  

Pour elle, « le problème » est la question de savoir qui prendra le pouvoir si Bachar al-Assad devait lâcher les rênes: « Ce sont les fondamentalistes de Daesh et l’intégralité des groupes qui le soutiennent » et qui, à ce moment-là, « ouvriront largement les portes de la Syrie, entraînant une submersion migratoire », a-t-elle répondu.
    
Les parlementaires vont débattre, sans voter, ce lundi à partir de 17h00 de l’opération militaire menée par la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne contre la Syrie dans la nuit de vendredi à dimanche.