la Belgique

« Pour l’intérêt général », l’une des dernières sorties politiques de Philippe Maystadt

C’est aux côtés de Joëlle Milquet que Philippe Maystadt, dont on a appris le décès ce jeudi, faisait l’une de ses dernières grosses sorties politiques. En août dernier, l’ex-président du PSC cosignait une carte blanche appelant à mettre fin à l’instabilité politique qui régnait depuis deux mois en terre francophone, du fait de « l’appel du 19 juin » de Benoît Lutgen (cdH).

Dans les colonnes du journal Le Soir, les deux ex-présidents centristes veulent alors calmer le jeu : « (…) force est de constater qu’il est plus que temps pour tous d’atterrir à la rentrée dans le calme et de mettre un terme ensemble à la ‘crise francophone’ dans le respect mutuel, le sens des responsabilités et de l’intérêt général ».

Leur constat est grave: une instabilité politique qui pourrait encore durer, des francophones divisés – en ce compris face à la N-VA – ou encore le risque d’une montée du populisme.

En observateur neutre

Aux côtés de Joëlle Milquet, Philippe Maystadt se présente alors, avec un certain recul, en observateur de la situation politique, tenant un discours qu’aucun centriste n’avait encore tenu depuis le début de la crise: un retour à la raison, dans l’intérêt du citoyen, sans PS-bashing. Lutgen n’est pas applaudi; Lutgen n’est pas non plus hué. Le PS non plus.

Au contraire, Philippe Maystadt et Joëlle Milquet écrivent: « Les cinq formations politiques francophones ont toutes des responsabilités passées, présentes et sans doute futures et ont chacune gouverné à leur tour avec les autres. (…) Il y a cinq formations francophones qui ont toutes, au-delà de leurs différences, des objectifs et intérêts communs dont il faudra reparler au plus tôt. Elles ont toutes des présidents de parti, des ministres, actuels ou anciens, ou des chefs de groupes, compétents, respectables, responsables et capables de compromis et de relations humaines ».