Economie

Pour Sophie Wilmès, ce n’est pas le rôle de l’Etat d’être à 100% actionnaire d’une banque

La ministre fédérale du Budget Sophie Wilmès a ardemment défendu les travaux budgétaire du gouvernement Michel au micro de Thomas Gadisseux, sur la Prem1ère ce matin, dans un contexte de révélations de fraude fiscale via les Paradise Papers.

Stars du show-business, royauté, sportifs, politiques, tous les secteurs où d’énormes sommes d’argent circulent sont touchées par l’affaire des Paradise Papers. L’Etat belge a également été épinglé, de par sa participation à 64% dans la Société belge d’Investissement (SBI), une société localisé dans les Îles vierges britanniques… des îles placées sur liste noire des paradis fiscaux.

Quid de la lutte contre la fraude fiscale ?

Face à cette situation, la ministre MR pointe surtout l’opposition (PS en tête) « extrêmement agressive qui a voulu faire croire que les affaires qui ressortent aujourd’hui sont le résultat de la politique du gouvernement alors que ce sont des dossiers anciens, qui ont pu se multiplier lors de précédents gouvernements. » Non sans rappeler le bilan 2016 de la lutte contre la fraude fiscale, »2500 dossiers traités, 1,7 milliards d’amendes imposées, 255 millions perçues. On ne peut pas dire que le gouvernement ne travaille pas contre la fraude fiscale. »

Michel Claise, juge d’instruction spécialisé dans la lutte contre la fraude fiscale, avait avancé d’autres chiffres sur nos ondes il y a quelques jours : « La fraude fiscale grave et organisée représente entre 6 et 7% du PIB belge actuel« . Une bataille qui doit être menée au niveau international, rappelle la ministre. « La grande fraude fiscale organisée se situe à un niveau international, c’est pour cela que le ministre Van Overtveld travaille au niveau européen, international. Ces enquêtes prennent du temps. »

Même argumentation face au flop de la taxe caïman, censée lutter contre les constructions fiscales, qui a rapporté 40 millions d’euros jusqu’ici, soit dix fois moins que prévu. »La Belgique peut prendre énormément de mesures — ce qu’elle fait d’ailleurs — mais seule elle ne pourra pas grand-chose. »

La réforme de l’impôt des sociétés aura-t-elle un coût ?

Une des grandes réalisations du gouvernement Michel aura été la réforme de l’impôt des sociétés (Isoc), en la diminuant de 33,99% à 25% en 2020. Une réforme conclue après la clôture des travaux budgétaires, et qui se prétend neutre. Mais le doute persiste quant à cette neutralité budgétaire, surtout pour les premières années. « L’objectif est que cette réforme soit neutre budgétairement. On a demandé à la Banque Nationale si s’était possible, on aura bientôt une réponse » explique la ministre MR, pour qui il faut se poser la question : « Qu’est-ce que ça coûte à la Belgqiue de ne pas le faire ? » dans un contexte où « d’autres pays européens ont réduit leur Isoc » et où « l’Union européenne est en train d’attaquer les niches fiscales qui rendent la Belgique attractive. »

Revendre des actifs de l’Etat ?

Face aux accusations d’amateurisme de la part de l’opposition quant aux calculs budgétaires, la ministre du Budget contre-attaque, chiffres à l’appui : « malgré toutes ces attaques, le gouvernement engrange : 162.000 emplois créés jusqu’à maintenant (130.000 selon le Premier en octobre dernier, ndlr) et 45.000 emplois créés d’année en année, une augmentation de la croissance. » Et de citer les projections de croissance pour 2018 à 1,6%.

Sous cette présentation optimiste de la santé économique belge, un point noir cependant : l’état de la dette, qui reste importante en Belgique, comme l’a souligné le Premier néerlandais il y a peu, qui présentait la Belgique comme un désert fiscal. Une vente des actifs détenus par l’Etat est-elle donc envisageable pour faire rentrer de l’argent ?

Une question qui mérite discussion, pour la ministre, et qui doit tenir compte de plusieurs facteurs, dont la perte de dividendes. Elle reconnaît cependant qu’il n’est pas nécessaire pour l’Etat d’être à 100% actionnaire d’une banque. « Par contre, s’agissant d’une banque qui est au plus proche des communautés, je pense que de garder un effet important, une propriété importante sur cette banque-là, c’est important. »