la Belgique

Procès des caisses noires des plaines de jeux de Charleroi: « On a toujours fait comme ça »

A Charleroi, le procès des caisses noires dans la gestion des plaines de jeux se poursuit, malgré l’absence à la barre de l’ancienne échevine Latifa Gahouchi, dont l’immunité parlementaire n’a pas été levée (malgré aussi la demande du parquet général). Reste donc les responsables administratifs, qui doivent répondre de plusieurs malversations.

Une plaine de jeux, le plus souvent, accueille des enfants de milieux défavorisés. Le principe, c’est qu’ils ne paient rien : la Ville prend en charge le financement.

Pourquoi et quand les dérapages ont-ils commencé ? Aucun des prévenus ne peut le dire : « On a toujours fait comme ça », répondent-ils en chœur. « Depuis la nuit des temps » même, rappellera Brigitte Dorkens, l’ancienne directrice des plaines de jeux inculpée.

Donc, on fait de fausses inscriptions d’enfants, comme ça on reçoit plus de subsides de l’ONE. L’un des prévenus expliquera à la barre qu’il s’est quand même étonné de devoir ajouter des enfants dont l’âge était de… 60 ans. Oui: n’importe quoi, mais ça passe.

Et puis, on demande cinq euros aux parents pour que leur enfant puisse aller au cinéma. En oubliant de préciser qu’en fait, c’est gratuit !

La semaine au Bon Air, à Marcinelle-en-Montagne ? 125 euros d’inscription, alors qu’ici aussi, c’est gratuit !

Qu’ont-ils fait de cet argent ?

Des restaurants, des fêtes alcoolisées de fin de stages, et bien d’autres choses. Tous diront que les ordres venaient de l’échevine Gahouchi mais elle n’est pas là pour répondre aux accusations. L’ONE estime son préjudice à 200 000 euros. Le parquet, lui, réclame deux ans de prison pour Brigitte Dorkens et la suspension du prononcé pour les autres.

Prochaine audience : le 25 octobre. Ce seront les plaidoiries des avocats.