la Belgique

Quel avenir pour le viaduc Herrmann-Debroux? « Un boulevard urbain comme à Reyers »

Depuis ce jeudi matin, le viaduc Herrmann-Debroux est rouvert à la circulation. Il avait été fermé vendredi soir suite à des problèmes importants de stabilité. Mais pour le bourgmestre empêché d’Auderghem et ministre bruxellois de l’Emploi (DéFI), c’est clair, « il faut penser autrement le réaménagement des villes ». C’est en tout cas ce qu’il a déclaré dans le Plus de Matin Première ce jeudi. 

Didier Gosuin va même plus loin en déclarant vouloir lui donner le même destin que le viaduc Reyers : « Le précédent gouvernement bruxellois avait estimé qu’il fallait faire des travaux dans Reyers et nous avons, nous, estimé pour Reyers que non, ça ne valait pas la peine et qu’il valait mieux réaménager Reyers en boulevard urbain, ce qui est en cours. Et nous avons exactement la même stratégie pour Herrmann-Debroux. Mais il faut être sérieux, on ne va pas créer des difficultés pour créer des difficultés. Il faut que les autres régions et le Fédéral offrent des alternatives, alternatives en transport en commun ».

« C’est un boulevard urbain, comme le boulevard du Souverain, avec deux bandes de voitures entrantes, deux bandes sortantes et des lignes en site propre de bus ou de tram en surface, de manière à pouvoir décongestionner cette ville », précise-t-il, « parce que le problème de la ville, ce n’est pas trop d’infrastructures, c’est qu’il y a trop de voitures qui rentrent dans la ville. On ne peut pas faire entrer plus d’eau que la bouteille ne peut en contenir ».

Il faut encourager les transports en commun

Le bourgmestre empêché d’Auderghem réfute l’idée de pénaliser les navetteurs. Au contraire, il pointe du doigts les politiques qui traînent à mettre en place de véritables alternatives à la voiture : « Dans toutes les grandes villes, on réaménage les entrées de ville et on développe les transports en commun. Lorsque je lis aujourd’hui que le ministre Bellot (le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot, ndlr) reporte à 2030 le RER, de qui se fout-on ? Il y a déjà exactement 40 ans que l’on dit que le RER est en cours, donc il faudra plus de 40 ans pour qu’il y ait quelques lignes RER. »

« Donc il faut des offres de transport en commun. C’est la raison pour laquelle, à l’occasion de la réouverture de Herrmann-Debroux, nous avons pu enfin imposer un site propre pour le bus jusqu’à Herrmann-Debroux. Parce qu’à un kilomètre et demi du métro, il s’engluait dans la circulation. Il faut encourager les transports en commun et j’attends que les régions qui ont fait un effort, renforcé les lignes de bus, renforcé les lignes de train pour le Fédéral, maintiennent ces efforts-là. Sinon on retourne dix ans en arrière ».

Didier Gosuin plaide d’ailleurs « pour des politiques métropolitaines, pour un hinterland économique de Bruxelles qui soit pensé en fonction de cet hinterland, donc avec le Brabant wallon, avec le Brabant flamand. C’était inscrit dans la sixième réforme de l’État, il n’y a toujours eu aucune réunion en matière de métropole urbaine ». 

On risque d’avoir des surprises

Quant à savoir s’il a déjà pris contact avec le Premier ministre à ce sujet, il répond : « Écoutez, Charles Michel, qu’il travaille sur son erreur. Vous savez que la gare RER de Watermael-Boitsfort est à l’abandon, les travaux sont à l’abandon depuis 2 ans. Est-ce que c’est sérieux ? Comment, dans ces conditions-là, convaincre les automobilistes de prendre des modes alternatifs de transport ? »

Et d’ajouter : « Depuis 1985 la Belgique désinvestit, régions et communautés y comprises. Donc oui, en faisant ce que les autres n’ont pas fait, c’est-à-dire un diagnostic complet de toutes leurs structures, ouvrages d’art, ponts et viaducs, on risque évidemment d’avoir des surprises. Mais si on ne le fait pas, on doit attendre des accidents ? C’est ce que faisaient les autres gouvernements. Nous, on a été anticipatifs, mais évidemment on est devant alors des obligations de devoir faire des travaux. On ne peut quand même pas constater qu’à la porte de Hal il y a des dangers et puis ne pas faire les travaux. Donc oui, bien entendu. Mais ce n’est pas du plic-ploc, enfin il y a une méthodologie et une stratégie ».

Des analyses complémentaires

Didier Gosuin s’est aussi justifié par rapport à la fermeture du viaduc : « C’était logique, sauf si on avait un avis négatif de la part des experts. Ici, on est rassuré. Au nom de la précaution, on a fermé. Quand vous avez un rapport technique qui dit : ‘Attendez, il y a des problèmes possibles de stabilité’, il est normal qu’on ferme un ouvrage qui pourrait causer des accidents. Aujourd’hui, on a le feu vert, mais on devra faire des travaux. Lesquels ? On ne sait pas encore puisqu’il faut des analyses physico-chimiques complémentaires du béton ».