Politique

Roumanie: la coalition au pouvoir entend renverser son Premier ministre

La coalition de gauche au pouvoir en Roumanie a convoqué le Parlement dimanche, une première dans ce pays, pour déposer une motion de censure contre son Premier ministre Sorin Grindeanu, devenu indésirable.

Les sociaux-démocrates (PSD) avaient retiré mercredi leur soutien au gouvernement installé en janvier, évoquant des « retards » dans la mise en oeuvre du programme économique. Mais M. Grindeanu a refusé de quitter ses fonctions, accusant à son tour le chef du PSD Liviu Dragnea de vouloir « concentrer tout le pouvoir entre ses mains ».

« La Roumanie ne peut pas être confisquée. Nous défendons la démocratie et le vote des Roumains », ont écrit les élus du PSD et de son petit allié ALDE dans leur motion.

L’opposition de centre droit tout comme le Premier ministre, exclu jeudi des rangs du PSD, ont boycotté la réunion du Parlement. Pour être adoptée et provoquer la chute du gouvernement, cette motion doit recueillir 233 voix sur un total de 464. Les deux partis au pouvoir disposent de 246 sièges mais certains de leurs élus pourraient voter pour le maintien de M. Grindeanu.

Le vote est prévu mercredi.

Si le gouvernement chute, le PSD et l’ALDE devront proposer un nouveau Premier ministre au président de centre droit Klaus Iohannis. Ce dernier avait refusé en décembre une première nomination – une femme issue de la minorité musulmane – avant d’accepter de désigner Sorin Grindeanu.

M. Dragnea, qui avait mené les sociaux-démocrates vers une écrasante victoire aux législatives fin 2016, avait dû renoncer à briguer le poste de Premier ministre en raison d’une condamnation à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale.