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Schaerbeek: le montant des voeux 2018 des autorités fait bondir le PS et le MR

Les autorités communales de Schaerbeek vont innover en ce début d’année 2018: le 2 février prochain, le collège des bourgmestre et échevins invite les membres de « la société civile » et « les forces vives » de la commune à une cérémonie de voeux exceptionnelle. L’événement aura lieu au Musée du Train, le Train World, de 18h30 à 22h30. Mille invitations doivent partir, 400 personnes sont attendues, principalement des entrepreneurs locaux, des personnalités… Au programme: verre de bienvenue, visites guidées du musée, présentation dynamique des réalisations du collège, cocktail dînatoire, remise de goodies…

« Une dépense somptuaire » pour le MR

Le rendez-vous a un coût: 53 000 euros d’après une note discutée par le collège fin décembre dernier. Un montant qui fait bondir le MR, dans l’opposition. « Il s’agit clairement d’une opération haut de gamme, de relations publiques préélectorale », réagit Georges Verzin, conseiller communal MR qui rappelle l’échéance des élections communales, en octobre prochain. « C’est la première fois que Schaerbeek organise ce type d’événement et on se demande pour quelles raisons. » Georges Verzin n’hésite pas à parler d’événement « indécent » et d’une dépense « somptuaire sur le dos des Schaerbeekois ». « C’est déplacé quand on sait que la fracture sociale est importante à Schaerbeek. 50 000 euros, c’est, je le rappelle, l’équivalent du budget chèques-sport remis aux jeunes schaerbeekois issus de familles modestes », ajoute l’élu libéral.

Une démarche « électoraliste » pour le PS

Le PS, également dans l’opposition, ne dit pas davantage. « Cet événement est clairement une démarche électoraliste », dit Abobakre Bouhjar, élu socialiste à Schaerbeek. « Des vœux en janvier auraient paru cohérents. Mais là, nous serons en février. Pourquoi si tard? Par ailleurs, sur le montant, il y a de quoi s’interroger. Le dernier budget de la commune, sous plan de redressement, s’est soldé sur un léger boni. Mais si c’est pour le dépenser à cela… »

Le bourgmestre assume

Bernard Clerfayt (DéFI), le bourgmestre, balaie les critiques et assume totalement l’organisation de l’événement. « Tout d’abord, nous avions depuis plusieurs années l’idée d’organiser un événement comme celui-ci », explique-t-il. « La preuve: la dépense était déjà inscrite dans le budget de l’an dernier. Finalement, nous n’avons pas pu le faire en 2017. L’occasion se présente cette année et l’échéance électorale n’y est pour rien. »

Selon Bernard Clerfayt, ce happening n’est pas un cas unique. « La Ville de Charleroi organise un événement similaire, depuis plusieurs années, lequel n’a jamais suscité de débats. A Schaerbeek, l’intention est de montrer que la commune travaille en partenariat avec les forces vives locales. On ne fait pas vivre cette commune, on ne la développe pas économiquement et socialement, seuls, dans son coin. Nous le faisons avec des habitants, des entrepreneurs, avec des gens qui font cette commune. Nous avons donc décidé d’organiser cet événement, chaque année. C’est l’occasion de présenter les projets qui vont transformer des quartiers, qui intéressent des gens qui vivent et travaillent à Schaerbeek. Chaque année, nous continuerons à tendre la main aux forces vives pour réussir Schaerbeek ensemble. »

Il ajoute: « Le montant a depuis été revu à la baisse pour avoisiner les 30 000 euros suite à des discussions sur les tarifs du traiteur. »

Bernard Clerfayt conclut: « L’opposition est la bienvenue à cet événement, ses membres vont tous recevoir une invitation. Et ce n’est pas avec de vaines disputes que l’on fera que Schaerbeek aille mieux. »