Economie

SNCB : accord pour revaloriser de 6% le pouvoir d’achat des conducteurs de train

La commission paritaire nationale des chemins de fer belges a conclu mercredi un accord pour mieux valoriser la fonction de conducteur de train et augmenter son attractivité. Cet accord, approuvé grâce aux voix de la CSC Transcom et du SLFP mais pas de la CGSP Cheminots, prévoit une augmentation du pouvoir d’achat des conducteurs de train de 6%, une amélioration de la productivité de 2% ainsi qu’une série de mesures visant à améliorer les conditions de travail, annonce la SNCB dans un communiqué.

« Après des années de décalage par rapport à d’autres catégories professionnelles au sein de la SNCB, un pas important a été franchi aujourd’hui », souligne la SNCB.

L’accord prévoit notamment une augmentation de salaire de 6%. En début de carrière, les conducteurs de train accéderont immédiatement au niveau salarial correspondant à 4 années d’ancienneté. Par la suite, entre 5 et 12 ans d’ancienneté, ils se verront accorder une prime de fidélité d’un montant de 5.000 euros sur cette période. Au delà de 12 ans, une augmentation barémique sera appliquée à l’instar d’autres catégories de membres du personnel. Après 18 ans de fonction, une prime de loyauté supplémentaire de 5.000 euros, constituée au cours des 6 dernières années, sera versée.

« Les conducteurs qui ont 18 ans d’ancienneté, et qui ont donc manqué l’augmentation barémique par le passé, recevront quant à eux une prime unique de 7.500 euros en compensation », ajoute la SNCB.

« Par ailleurs, dans les six mois, l’enveloppe des primes de productivité qu’ils reçoivent en supplément pour la desserte de services plus compliqués et effectués très tôt le matin, fera l’objet d’une importante augmentation », pointe-t-elle encore. En moyenne 120 euros de plus par mois seront touchés par chaque conducteur de train.

Mesures qualitatives

En parallèle, des mesures qualitatives seront mises en oeuvre pour que « les conducteurs puissent travailler dans de meilleures conditions de travail, avec un matériel plus performant ». « En collaboration avec les syndicats reconnus, des groupes de travail, destinés tant à soutenir l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée qu’à mieux encadrer la période de fin de carrière, sont également mis en place. Ainsi, les conducteurs de train qui ne peuvent plus rouler pourront être réorientés et accompagnés vers un autre emploi au sein de la SNCB. »

« D’autre part, il y a un effort des conducteurs de train, dont la productivité est augmentée de 2% sur la base de règles de planification de leurs prestations plus flexibles », précise la SNCB.

La CSC Transcom et le SLFP avaient déjà fait savoir début juin en sous-commission paritaire qu’ils soutiendraient la proposition.

La CGSP se réunit vendredi

Comme annoncé, la CGSP Cheminots ne l’a pas approuvée mais celle-ci a tout de même été formellement adoptée mercredi en commission paritaire nationale, où une majorité des deux tiers suffit.

« Le texte contient certes une revalorisation de la fonction de conducteur de train, mais aussi des mesures pour augmenter leur productivité », déplore Pierre Lejeune, secrétaire national du syndicat socialiste. « Ce dernier élément est fondamental puisque d’une part, il neutralise une partie de la valorisation proposée et, d’autre part, puisqu’il impose une modification de la réglementation relative aux prestations et repos qui pourrait entrainer des conséquences pour d’autres catégories professionnelles. »

Le Bureau exécutif national de la CGSP Cheminots se réunira vendredi pour prendre attitude.

Ces mardi et mercredi, le trafic des trains a été fortement perturbé en raison d’un appel à la grève lancé par le Syndicat indépendant pour cheminots (SIC) avec le soutien de Metisp-Protect et du Syndicat autonome des conducteurs de train (SACT). Ces syndicats dénoncent notamment les nouveaux efforts de productivité imposés aux conducteurs.