Politique

SNCF, NDDL, universités: Macron ferme la porte aux revendications sociales

 

Emmanuel Macron –
Capture BFMTV

Emmanuel Macron refuse de voir une « cohérence » entre les différents mouvements sociaux du printemps. Affirmant « entendre toutes ces colères », il a cependant récusé la légitimité de certains de ces « mécontentements ». 

Il n’y a pas selon lui de « convergence des luttes ». Emmanuel Macron a estimé dimanche sur notre antenne que les différents mouvements sociaux en cours ne correspondaient « pas à une coagulation » des « mécontentements », qu’il a assuré par ailleurs « entendre » et « respecter ».

« Vouloir faire masse, c’est en quelque sorte présenter tout cela comme relevant d’une cohérence, ce que je conteste. Je conteste l’orientation de votre question qui viserait à voir une logique ou à vouloir créer une coagulation dans ces mécontentements. Il n’y en a pas tant que cela. Le mécontentement des cheminots a peu à voir avec le mal-être profondément légitime à l’hôpital qui dure depuis des années… », a répondu le chef de l’Etat à Edwy Plenel.

« J’entends toutes les colères », a-t-il ajouté, citant celle des cheminots, en grève en pointillés depuis début avril.

« C’est une colère que je comprends, que je respecte mais qui est liée à une décision que nous prenons, que j’assume, une réforme que nous mènerons jusqu’au bout », a-t-il développé.

« Légitimité »

Sur le mouvement social qui agite les facultés, Emmanuel Macron est, là aussi, resté inflexible, remettant en cause la légitimité des opposants.

« Ce que je constate, c’est que dans toutes les universités aujourd’hui où il y a des amphis paralysés, des violences parfois au demeurant inadmissibles, les étudiants sont bien souvent minoritaires, ce sont des groupes qui ne sont pas des groupes étudiants qui viennent et ce sont ceux dont j’ai dit qu’ils étaient ‘des professionnels du désordre' », a considéré le chef de l’Etat. 

« Réconcilier le pays »

De même, Emmanuel Macron a opposé une fin de non-recevoir aux occupants de Notre-Dame-des-Landes:

« Il y a une décision qui a été prise (…), vous me parlez d’une colère aujourd’hui mais la colère de qui? Des gens, qui depuis des années bloquaient un endroit où on faisait construire un aéroport qu’on ne construit pas et qui aujourd’hui viennent continuer à protester? Je considère qu'(…) elle n’est pas légitime. »

Emmanuel Macron a enfin rappelé que, s’il avait « dès le jour de (son) investiture » évoqué le besoin de « réconcilier le pays », ça ne se ferait « pas du jour au lendemain ».