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Solidarité climatique: la Wallonie soutient 31 projets en Afrique, Équateur et Haïti

Plusieurs porteurs de projets soutenus par la Wallonie pour aider des populations locales d’Afrique, d’Équateur et d’Haïti à lutter ou s’adapter aux changements climatiques ont témoigné, lundi au parlement wallon, de l’intérêt des subventions directes aux acteurs de terrain plutôt que d’alimenter un fonds international.

« La Wallonie est notre plus grand partenaire », a souligné Jean Goep, fondateur-directeur de Nébéday, une ONG qui apprend aux populations locales du Sénégal à fabriquer du charbon de paille en substitution du charbon de bois pour lutter contre la déforestation, et promeut la participation des habitants à la gestion des forêts.

A ses yeux, les grands financements passant par des organismes tels que la Banque mondiale ou le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) prennent trop de temps pour arriver sur le terrain, au point qu’ils ne répondent parfois plus aux besoins initiaux.

Ils sont aussi trop souvent ponctionnés par les tâches administratives et d’expertise. « Sur un million d’euros, combien d’argent arrive ‘au village’? 50.000 euros ? En donnant directement 10 fois moins à des projets plus petits, on fait dix fois plus. Et nous n’avons pas peur non plus d’arrêter des projets qui ne marcheraient pas », expose Jean Goep.

Subventions directes

Le ministre wallon de l’Environnement Carlo Di Antonio se dit partisan de ces subventions directes à des organisations publiques ou privées dans les « pays partenaires » (Bénin, Burkina Faso, Sénégal, Rwanda, Burundi, République démocratique du Congo, Haïti et Équateur), plutôt que de verser à un fonds international. « Avec des budgets parfois modestes, les acteurs de terrain peuvent faire parfois beaucoup », plaide le ministre cdH.

Depuis 2011, la Wallonie a versé 23 millions d’euros à des projets multilatéraux menés par des acteurs institutionnels, mais aussi à 31 projets bilatéraux du type Nébéday, pour lesquels 800.000 euros sont encore prévus en 2018, sur un financement annuel de huit millions d’euros.

  • Au Bénin, l’Agence wallonne de l’Air et du Climat (AWAC), chargée de gérer ces dossiers bilatéraux, soutient le projet d’installation de 14.000 foyers améliorés dans cinq communes, afin de réduire l’utilisation de bois-énergie, tout en réorientant les ménages vers des activités agricoles.
  • En Équateur, c’est le peuple Sarayaku qui est soutenu par la Wallonie. Le mode de vie de cette peuplade amazonienne – en vue lors de la COP23 qui se déroule actuellement à Bonn (Allemagne) – est menacé par l’exploitation des ressources de son biotope, notamment le pétrole. Le projet financé par l’AWAC, via l’ASBL Pierreuse & Ailleurs de Liège, permet de renforcer la visibilité du rôle et des droits du peuple Sarayaku par la plantation d’une forêt d’arbres à fleurs autour du territoire. Des gardes forestiers assurent la surveillance écologique du territoire.

Une autre manière pour la Région wallonne de décliner la solidarité climatique à laquelle elle s’est engagée au niveau international consiste en des stages professionnels organisés à Gembloux, où des participants venus des pays partenaires améliorent la conception et la gestion des projets.

L’an prochain, la Wallonie envisage de soutenir aussi un projet en RDC mené par Oxfam pour aider les agriculteurs à faire face à la dégradation des sols et cultures par les fortes pluies, un projet de synergies entre agroforesterie et biorépulsifs au Sénégal et un projet de gestion des mangroves à Madagascar, au Sénégal, au Bénin et au Togo.