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Source de Tridaine: le ministre Di Antonio confirme le permis octroyé à Lhoist

Le dossier de la source de Tridaine à Rochefort a déjà fait couler beaucoup d’encre et ce n’est sans doute pas terminé. Ce jeudi, le ministre wallon Carlo Di Antonio, en charge de l’aménagement du territoire et de l’environnement, a confirmé le permis unique octroyé au groupe carrier Lhoist pour la réalisation d’essais de pompage dans la nappe aquifère de la Boverie. L’eau de cette nappe est utilisée par les moines de Rochefort pour produire leur célèbre trappiste.

Le groupe Lhoist souhaite approfondir la carrière exploitée à cet endroit, ce qui implique un abaissement du niveau de la nappe. Mais si le niveau diminue, l’eau ne s’écoulera plus naturellement vers l’abbaye et vers la ville de Rochefort. Lhoist a mis au point un mécanisme de pompage pour que l’alimentation ne soit pas interrompue (c’est ce mécanisme qu’il souhaite tester) mais les moines estiment que la qualité de l’eau qui leur sera fournie « artificiellement » pourrait être altérée, ce que Lhoist conteste, analyses scientifiques à l’appui. C’est la raison principale du conflit qui oppose les deux parties depuis des années.

Permis confirmé, mais sous conditions

En juin dernier, les fonctionnaires de la Région wallonne avaient octroyé à Lhoist un permis pour procéder à une phase de test. Les moines avaient introduit un recours mais le ministre n’a pas donc retenu leurs arguments. Néanmoins, Carlo Di Antonio impose des conditions supplémentaires au permis, pour garantir les caractéristiques physico-chimiques de l’eau délivrée. « Cette eau fera l’objet d’un suivi quantitatif et qualitatif par un laboratoire agréé », explique-t-il.

Le ministre affirme prendre les mesures nécessaires pour permettre à l’abbaye de poursuivre ses activités durant cette période. Si les analyses indiquent une quelconque détérioration des paramètres, les essais seront interrompus immédiatement et l’ensemble des installations devront être démantelées.

Carlo di Antonio impose également la mise en place d’un comité d’accompagnement qui réunira tous les acteurs concernés (les autorités communales et régionales, les moines, Lhoist et la population locale) et il assortit le permis d’une garantie financière d’un montant d’1,25 million d’euros.

En parallèle, une procédure en justice

Dans ce dossier complexe, Lhoist a marqué des points ce jeudi mais l’entreprise n’en a pas fini avec les procédures. D’abord parce que les moines de Rochefort peuvent toujours contester la décision du ministre au Conseil d’Etat. Ensuite parce qu’en septembre, une ordonnance du tribunal de première instance de Marche a suspendu les effets du permis, à la suite d’une action intentée par les moines.

Le groupe carrier a fait appel de cette décision, l’affaire sera plaidée le 24 octobre à Liège et la décision de la Cour d’appel est attendue pour fin novembre. En attendant, même avec la confirmation du permis annoncée ce jeudi, Lhoist n’entamera aucune manœuvre sur le terrain.