Politique

« Sur l’Europe sociale, Jean-Claude Juncker reste extrêmement timide »

Marie Arena est au micro de La Semaine de l’Europe ce dimanche. L’eurodéputée européenne socialiste commente le discours sur l’État de l’Union prononcé par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le 13 décembre dernier à Strasbourg.

« Je n’ai plus envie de promesse » 

Le 13 septembre, Jean-Claude Juncker a dressé le bilan de l’action de la Commission et a livré sa vision des chantiers à mettre en œuvre. Marie Arena ne croit pas à la promesse d’Europe sociale tenu dans son discours : « J’ai envie de cette Europe sociale. Mais, je n’ai plus envie de promesses. Jean-Claude Juncker est venu dès son premier discours parler du triple A social en Europe. Quand on regarde aujourd’hui à mi-mandat, on peut dire qu’on est en mal d’initiatives. Alors, c’est vrai que Jean-Claude Juncker ne peut pas tout faire, vu qu’il est président de la Commission et qu’on est dans des modes de décision qui sont : Conseil, Commission et Parlement. Mais, ce que je lui dis, c’est qu’il doit convaincre non pas la gauche et les progressistes européens mais, la droite et les conservateurs. » 

Le président de la Commission a proposé récemment de créer une agence européen chargée de surveiller le travail. Est-ce qu’on ne va pas dans le bon sens ? « Je suis tout fait d’accord avec cela. Aujourd’hui, il existe déjà une plateforme européenne des offices nationaux du travail qui sont censés travailler ensemble et, malheureusement cela ne marche pas. Donc, je pense qu’il faut être beaucoup plus ambitieux. On a aujourd’hui la question du dumping, c’est à dire les travailleurs détachés. Le problème ce ne sont pas les travailleurs mobiles, ce sont les entreprises qui font du montage, comme elles le font au niveau du montage fiscal, sauf que là on parle de la protection des travailleurs. On a en Europe des travailleurs à deux vitesses : des travaux protégés et des travaux non protégés. Il faut une convergence sociale ! Et là, je trouve que Juncker est extrêmement timide.« 

Des accords commerciaux transparents ? 

Après le Canada et le Japon, Jean-Claude Juncker a annoncé que l’Union européenne devrait conclure, dans la transparence, des accords commerciaux avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande . Pour éviter de nouveau blocage, comme il y a un an en Belgique avec le CETA, la Commission préfère sortir les fameux tribunaux arbitraux des accords de libre-échange. L’idée n’est toutefois pas jetée à la poubelle. L’exécutif européen propose de lancer des négociations pour la création d’une cour multilatérale des investissements (un tribunal permanent) chargé de régler les éventuels litiges entre États et investisseurs. En sortant les tribunaux arbitraux des futurs accords commerciaux, Jean-Claude Juncker vous coupe un peu l’herbe sous le pied.  Cela veut dire que les parlement régionaux n’auront plus leur mot à dire ? « La société civile a vécu autour de ces accords commerciaux en disant : ‘nous ne sommes pas contre le commerce. Nous voulons que le commerce soit respectueux de l’environnement et des droits sociaux en Europe mais aussi vis-à-vis de nos partenaires. Même si dans son discours Juncker dit : ‘Nous allons avoir plus de transparence. Nous allons publier les projets des mandats.’ Il va empêcher le débat démocratique dans les États membres. »

Découvrez l’intégralité de l’interview de Marie Arena ce dimanche matin entre 08h20 et 09h00 dans La Semaine de l’Europe sur La Première.

Toute l’actualité européenne avec Euranet Plus, le premier réseau d’information européenne.