la Belgique

Team Lab: une formation à mi-chemin entre la classe et le bureau

Quelles possibilités donner aux jeunes adultes qui ont peu de perspectives d’emploi, parce que peu qualifiés, mais qui ne s’inscrivent plus en formation? Bruxelles Formation cherche comment leur ouvrir des portes. L’organisme régional de formation a subventionné, avec la Cocof, le projet Pilote « Team Lab ».

Team Lab est une formation atypique. Elle propose à ceux pour qui l’école est un mauvais souvenir de s’initier à la réparation de matériel informatique et de smartphones. Mais par le biais d’une sorte de jeu de rôles, elle permet aussi  aux 15 participants d’améliorer leur confiance en eux, de découvrir les codes et usages de l’entreprise, de pratiquer les tâches multiples des nouveaux entrepreneurs.

Un bureau pour décor

La formation n’est pas donnée dans une classe, mais dans un paysager de bureaux. Elle n’est d’ailleurs pas « donnée » non plus: chaque participant acquiert la matière à son rythme, seul ou en collaboration avec les autres, ou au fil de coachings de groupe,  pourvu qu’il réussisse au fil des 3 mois une liste de petits tests.

La formation a donc un rythme et un cadre semblable à un travail de bureau, pour sortir d’un modèle scolaire. Mais le « jeu de rôle » ne s’arrête pas là. Le projet lui-même est géré par les participants, comme une entreprise: l’un est responsable du budget, un autre du matériel, des locaux ou encore de la communication. Comme on démarche le client, ils ont démarché des employeurs, leur ont fait visiter les locaux, leur ont présenté le spécificité de leur formation-pilote. Un exercice de confiance en soi et de contact qui peut être utile pour des entretiens d’embauche ultérieurs ou des emplois de contact avec une clientèle.    

« Aller à un entretien d’embauche en tongs »

L’un des concepteurs de ce projet, John Rizzo, a ficelé ce programme qui exerce tant l’attitude de ces jeunes demandeurs d’emploi que leurs compétences de réparateurs d’appareils:  « Les employeurs me disent souvent qu’au delà des compétences techniques, ils recrutent sur l’attitude: il veulent quelqu’un qui soit motivé, qui ait confiance en lui, qui apporte du liant avec les collègues et pas la zizanie…  ‘Savoir être’, c’est important ».

Ce que confirme Yung Do Voglaire, l’un des patrons de « Mister Genius », entreprise de réparation de smart phones et matériel informatique. Elle collabore au projet: cet employeur (15 magasins en Belgique)  y donne des formations techniques de réparation informatique mais, au passage, tente aussi d’y repérer de futures recrues.

« En entretien d’embauche on regarde toujours l’attitude » dit Yung Do Voglaire. « Il y a des personnes qui viennent en tongs, en Tshirt ou même en short, et sans CV. Ou qui viennent à 10h30 pour un rendez-vous à 10h. Ici, on peut voir des jeunes qui ont déjà une motivation puisqu’ils sont ici, qui apprennent les bases du métier, et on peut voir d’emblée leur attitude vis à vis du travail. »

18 participants, 3 abandons, 2 contrats?

Aux dires de John Rizzo lui-même, il a fallu un peu de temps pour roder le projet. Trois participants sur les dix-huit ont quitté Team Lab au fil du trimestre. Les quinze autres achèvent l’expérience, en évoquant différents acquis: des aptitudes techniques, plus de confiance en soi, plus d’aisance à s’exprimer, une meilleure compréhension des attentes des employeurs.

Ils sont deux, parmi eux, à avoir à présent une possibilité de contrat.  Qu’en sera-t-il des autres?

Un bilan final sera tiré et sur cette base, les pouvoirs subsidiants, la Cocof (42 000 euros, dans le cadre d’un appel à projet) et Bruxelles Formation (60 000 euros) décideront si cette expérience restera un ‘One Shot’ ou sera reconduite, voire étendue.