la Belgique

ULiège: dernière ligne droite avant les élections rectorales

Ils désigneront bientôt leur recteur. Les professeurs mais aussi les étudiants et l’ensemble du personnel de l’Université de Liège. Les élections rectorales auront lieu les 24 et 25 avril prochains. Un peu plus de 25.000 personnes doivent se prononcer, trois candidats sont en lice.

Albert Corhay, le candidat de la continuité



Albert Corhay, actuel recteur de l’ULiège est candidat à sa succession. – © Tous droits réservés

Le premier nom est bien connu de ceux qui fréquentent les couloirs de l’université. Albert Corhay est l’actuel recteur. Il veut rempiler pour un nouveau mandat de quatre ans. Dans sa vidéo de campagne, il annonce clairement sa volonté de continuité. Une affirmation qu’il nuance dans son programme.  » Il nous faut aujourd’hui quelques ruptures. Nous souhaitons qu’elles soient les plus douces possibles « , écrit celui assure assumer son bilan.

Ce professeur d’HEC, l’école d’économie et de management de l’université de Liège est souvent décrit comme un gestionnaire. Il a à cœur de garder les finances de l’université à flot.

Quitte à porter des œillères ? C’est en tout cas ce dont semble l’accuser son principal adversaire. Dans son programme, ce dernier rétorque :  » Les finances sont un moyen, pas un objectif en soi « .

Pierre Wolper : une rupture claire et nette



Pierre Wolper veut se positionner en candidat du changement – © Capture d’écran – vidéo de campagne de Pierre Wolper

L’adversaire numéro 1 d’Albert Corhay, s’appelle Pierre Wolper. Informaticien, doyen de la faculté des sciences appliquées, il affiche son envie de faire bouger les choses.

Il critique les lourdeurs dans l’organisation de l’institution, se dit contre la sélection des étudiants et veut répartir une bonne fois pour toute les rôles entre l’université et les hautes écoles. Aux hautes écoles, les formations professionnalisantes. A l’université, les masters et autres formations longues.

Eric Pirard, électron libre



Eric Pirard se présente seul, sans équipe – © Tous droits réservés

Comme Pierre Wolper, Eric Pirard est professeur de sciences appliquées. Et c’est un peu l’électron libre de cette élection.

Ce géo-ingénieur se présente seul, sans équipe,  » pour espérer rassembler « , précise-t-il dans son programme. Pour certains, Eric Pirard aurait en fait une ambition bien différente de celle qu’il affiche : intégrer l’équipe gagnante après l’élection.

Une campagne 2.0

Les candidats cherchent à séduire les électeurs depuis plusieurs semaines déjà. Tous trois investissent les réseaux sociaux.

Pierre Wolper partage sa vidéo de campagne sur son compte Facebook. Assis à son bureau, il se présente à l’internaute et convoque sous nos yeux son équipe de campagne, par SMS. L’un après l’autre, ses collaborateurs reçoivent le message et y répondent. L’informaticien veut le prouver : il est à la page, manie au quotidien et avec naturel les outils de communication modernes.

Vidéo de campagne aussi, mais plus classique, en face, sur le compte d’Albert Corhay. L’actuel recteur a choisi une autre formule pour présenter son équipe : il distille plusieurs clips, au fil des jours, un pour chacun de ses collaborateurs.  

Draguer les étudiants

Depuis la précédente élection, le mode de scrutin a changé. Aujourd’hui, les étudiants ont eux aussi voix au chapitre. Pour séduire ces nouveaux électeurs les candidats adaptent leur programme.

A côté des finances de l’université, d’une réflexion sur la place de la recherche, les tracas de la vie quotidienne ont eux aussi leur place. La question de la mobilité entre les différents campus est évoquée, tout comme celle du logement.

Albert Corhay évoque aussi l’idée d’un potager collectif, de bornes de rechargement pour smartphone ou encore la possibilité de passer son permis de conduire sur le campus.

Tous les coups son permis

Un épisode a marqué cette campagne, sans merci. Il y a quelques semaines, Albert Corhay s’arrange pour mettre sur la touche un membre de l’équipe adverse. Eric Haubruge est vice-recteur d’Albert Corhay, mais pour cette élection, il change de camps. Et compte bien devenir vice-recteur… de Pierre Wolper, cette fois.

Albert Corhay ne digère pas la trahison.  Il signale à la commission électorale que son ancien bras droit a déjà été deux fois vice-recteur et qu’un troisième mandat est impossible. La commission lui donne raison. 

Pierre Wolper crie au coup bas et à la  » guerre tactique et électorale « .

Petites phrases et piques assassines

Une campagne qui se respecte n’en serait pas une sans ses petites incartades entre candidats. Albert Corhay et Eric Wolper ont le même âge. Mais le premier doit théoriquement partir à la retraite dans deux ans. Or, il postule pour un mandat de quatre ans. Un sujet de discussions, mais aussi d’attaques mesquines entre les deux candidats.

Lors d’un récent débat, lors duquel Eric Wolper remet le sujet sur la table, Albert Corhay, visiblement agacé, assène,  » c’est vrai que nous avons le même âge, mais mon avantage, c’est que j’ai l’air plus jeune « .

Les trois candidats devraient encore sortir leurs griffes pendant quelques jours, jusqu’aux élections des 24 et 25 avril prochain. 

 

D’ici là, trois débats sont encore organisés :

  • Le lundi 16 avril avec le personnel scientifique
  • Le mardi 17 avril avec les étudiants
  • Le jeudi 19 avril avec le personnel administratif, technique et ouvrier