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Une économie « verte » pourrait créer 18 millions d’emplois, selon un rapport de l’ONU

L’ONU estime, dans un rapport publié mardi, que la lutte contre le réchauffement climatique permettrait de créer 18 millions d’emplois d’ici à 2030. Mais les conséquences de cette transition ne sont pas les mêmes pour tous.

La lutte contre le réchauffement climatique est bonne pour l'économie. Depuis la COP21, le sommet de Paris sur le climat de 2015, cette affirmation est reprise en boucle par les politiques et les milieux économiques. Mais à quel point ? À cette question, l'Organisation internationale du travail (OIT) répond, dans une étude publiée mardi 15 mai, qu'elle permettrait la création nette de 18 millions d'emplois dans le monde d'ici à 2030.

L'organisme de l'ONU – qui réunit les représentants des États membres, des employeurs et des travailleurs – a étudié l'impact que l'effort pour maintenir la hausse des températures au-dessous de 2° C pourrait avoir sur 163 secteurs économiques. La mauvaise nouvelle est qu'elle entraînerait la destruction de six millions d'emplois, essentiellement dans l'industrie pétrolière et minière. La bonne est qu'elle permettrait la création de 24 millions de nouveaux postes.

L'Afrique à la traîne

Les secteurs du bâtiment et de la construction (nouveaux matériaux et renouvellement des infrastructures), de la production d'énergie renouvelable ou encore de l'agriculture bio devraient être les principaux gagnants de cette transition vers une économie "verte". Mais l'OIT assure que "pour la grande majorité des secteurs, le solde [la différence entre destructions et créations d'emplois] sera positif".

Mais le vert n'est pas la couleur de l'espoir pour tout le monde. Pour l'Europe, l'Amérique et l'Asie cette transition serait une aubaine. Mais la lutte contre le réchauffement climatique pourrait conduire à des destructions nettes de 300 000 emplois au Moyen-Orient et de 350 000 en Afrique. Dans le premier cas, l'OIT blâme la dépendance des pays du Golfe à l'industrie pétrolière, tandis que dans le second, l'organisation met en cause l'importance du secteur minier.

Cependant, ce scénario plus sombre pour le continent africain n'est pas une fatalité. En effet, si les gouvernements des États concernés placent l'adaptation à la nouvelle réalité climatique tout en haut de leur action politique, la transition "verte" pourrait alors également était profitable à l'emploi dans cette région.

 

Première publication : 15/05/2018